Actualité

Récupération des archives algériennes transférées vers la France : Une « nécessité absolue » pour les Archives nationales

La récupération des archives algériennes transférées vers la France durant la période coloniale est une « nécessité absolue » pour préserver la mémoire nationale et protéger l’identité et la souveraineté historiques du pays, a affirmé, dimanche, le conseiller auprès de la Direction générale des Archives nationales (DGAN), le professeur Achour Sellal. Invité de la Chaîne 1 de la Radio algérienne, M. Sellal a expliqué que ces documents constituent « un témoin matériel » des différentes étapes de l’histoire du pays, notamment de la période coloniale, avec son lot de violations et de pratiques criminelles. Les fonds relatifs aux chefs de la Révolution, aux acteurs de la lutte de libération, aux méthodes de torture et aux crimes coloniaux sont, a-t-il soutenu, des « sources originales » indispensables pour écrire l’histoire, la relire et la passer au crible. Il a insisté sur l’impératif de les récupérer ou, à défaut, de garantir leur accessibilité aux chercheurs et aux programmes de développement.

Le dossier, a-t-il fait savoir, est actuellement pris en charge avec le concours d’experts et d’universitaires spécialisés en archivistique, aptes à identifier la nature des documents, à en évaluer le contenu et à relever les lacunes. Cette expertise permettra de mener les négociations avec l’ancienne puissance coloniale « sur des bases scientifiques » et selon des critères spécialisés.

Dans le même sillage, l’invité a mis en avant l’importance de raviver l’histoire nationale et révolutionnaire auprès des jeunes générations, au regard des « exploits et sacrifices » dont elle regorge, en recourant à des méthodes modernes et innovantes. Il a salué, à ce propos, la tenue des Assises nationales de la mémoire, placées sous le haut patronage du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, avec la participation des institutions, des universités, des chercheurs et de la société civile. Ces assises ont, selon lui, permis de jeter les bases de cadres institutionnels et sociaux « permanents », afin que la mémoire ne soit plus évoquée uniquement lors des dates commémoratives, avec une répartition claire des rôles et des responsabilités entre les différents acteurs.

M. Sellal a rappelé que la DGAN et l’université ont un rôle « central » dans la collecte de la matière historique et des témoignages enregistrés, en Algérie et à l’étranger, ainsi que dans l’exploitation des fonds d’archives conformément aux normes internationales, au profit de la recherche scientifique, du cinéma, de la culture et des bibliothèques. Il a plaidé pour une mémoire « tangible », incarnée par les musées, les livres et les œuvres cinématographiques, et conservée par des moyens modernes qui en garantissent la pérennité pour les générations futures.

Sur le volet de la protection, l’intervenant a révélé que l’Algérie applique depuis près de deux ans l’« archivistique de sauvetage », en coordination avec l’université. Cette démarche consiste à diagnostiquer les fonds papier et numériques disséminés à travers le pays, à déterminer les risques qui les menacent et à proposer des solutions adaptées, sur la base de la norme internationale ISO 11799, relative aux conditions de stockage des documents d’archives et de bibliothèque. Des équipes ont effectué des visites de terrain, notamment dans le Sud et l’Est du pays, pour proposer des solutions d’urgence.

L’archive, a-t-il relevé, ne revêt pas qu’une importance historique, elle accompagne aussi les projets de développement et de construction, en fournissant les documents techniques nécessaires aux grands chantiers. Il a cité l’exemple des barrages et du métro d’Alger, pour lequel les ingénieurs ont dû se référer à des plans datant de 1929. Pour M. Sellal, la sauvegarde de la mémoire nationale et la récupération des archives constituent un « chantier national intégré », à l’heure où l’Algérie s’attelle à consigner et à documenter son histoire de manière exhaustive, afin de préserver la mémoire collective et de léguer des sources fiables aux générations à venir. Massinissa Raïs

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *