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Le FMI salue la diversification de l’économie algérienne : Les efforts « commencent à porter leurs fruits »

Dans un billet publié mardi, trois économistes du FMI constatent que l’économie algérienne s’éloigne peu à peu de sa dépendance aux hydrocarbures. Pour que l’élan dure, estiment les auteurs, il faudra miser sur le secteur privé, assainir les comptes publics et mieux choisir les projets.

« Des signes encourageants montrent que ces efforts commencent à porter leurs fruits. » Le constat est signé Haris Tsangarides, François Painchaud et Véronique Salins, économistes du Fonds monétaire international, dans un billet publié mardi sur le blog de l’institution de Bretton Woods. Selon eux, la part du secteur hors hydrocarbures progresse dans le PIB réel comme dans les exportations de biens, et les recettes d’exportation hors pétrole et gaz ont augmenté au cours de la dernière décennie. Ce diagnostic intervient à l’issue de l’évaluation annuelle de l’économie algérienne menée par le Fonds au titre de l’article IV. Les auteurs rappellent que le pays, l’un des premiers exportateurs d’énergie du continent et un partenaire étroit des marchés européens, a longtemps tiré des hydrocarbures l’essentiel de ses ventes à l’étranger et une bonne part de ses recettes budgétaires. Cette manne a financé des infrastructures, la formation et d’autres investissements jugés prioritaires. Les économistes y voient aujourd’hui l’occasion de bâtir de nouveaux moteurs de croissance, de nature à rendre l’économie plus robuste face aux chocs.

Le chemin reste pourtant long. Les hydrocarbures dominent toujours les exportations, et le reste des ventes se concentre sur un petit nombre de produits. « La base d’exportation s’élargit, mais lentement », soulignent les trois experts.

La stratégie des autorités s’appuie sur de grands projets dans les mines, la sécurité alimentaire et hydrique, ainsi que sur la modernisation des transports et des infrastructures commerciales. Pour les faire avancer, l’État a allégé les procédures, renforcé la gouvernance et facilité les échanges, grâce à des réformes touchant l’investissement, le foncier et le secteur minier, sans oublier un guichet unique numérique destiné aux investisseurs.

Le FMI salue la démarche et souligne que « le choix des projets revêt autant d’importance que le montant des dépenses », écrivent les auteurs

Le Fmi estime aussi que l’investissement public peut poser les fondations, mais ce sont les entreprises qui porteront la hausse des exportations, y compris dans des activités moins gourmandes en carbone, à mesure que la demande mondiale évolue dans ce sens. Pour être compétitives, elles auront besoin d’infrastructures efficaces, de financement, de compétences adaptées et d’institutions solides. Les trois économistes soulignent que les entreprises investissent davantage quand « les règles sont prévisibles » et que public et privé évoluent sur un pied d’égalité. Faciliter l’accès au crédit et aux compétences, et soutenir l’entrepreneuriat, aiderait aussi les jeunes sociétés à grandir et à adopter de nouvelles technologies.

Le Fonds insiste aussi sur des finances publiques plus solides. Les auteurs recommandent un rééquilibrage progressif, fondé sur des dépenses plus efficientes et des recettes hors hydrocarbures plus fortes, mené avec prudence pour sauvegarder les investissements prioritaires et protéger les ménages vulnérables. Ils invitent aussi à constituer des réserves et à épargner de façon plus prévisible les surplus de recettes, afin de maintenir l’investissement public quand les cours des hydrocarbures reculent. Et « la hausse actuelle des recettes tirées des hydrocarbures donne l’occasion de reconstituer ces réserves ». Les ressources naturelles, les réformes engagées et les liens avec les marchés africains et européens sont, selon le FMI, des atouts solides. « L’enjeu est maintenant de transformer les investissements et les réformes d’aujourd’hui en gains durables en matière d’emploi, de productivité et d’exportations », résument les économistes du FMI. Amar Malki

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