Ghaza : L’ONU dénonce la rhétorique génocidaire sioniste
Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, s’est dit « horrifié » lundi par l’utilisation d’une « rhétorique génocidaire » par des responsables sionistes concernant la bande de Ghaza, exhortant la communauté internationale à « agir maintenant pour mettre fin au carnage » dans l’enclave palestinienne assiégée depuis près de onze mois.
Cette condamnation officielle intervient alors que le bilan de l’agression génocidaire menée par les forces d’occupation sioniste contre Ghaza continue de s’alourdir dramatiquement, atteignant 64.522 martyrs et 163.096 blessés selon les derniers chiffres communiqués lundi par les autorités sanitaires palestiniennes. Ces statistiques effroyables témoignent de l’ampleur du massacre systématique perpétré contre la population palestinienne depuis le 7 octobre 2023. S’exprimant à l’ouverture de la 60e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, Volker Türk a utilisé des termes d’une rare virulence pour dénoncer les crimes de l’entité sioniste : « Je suis horrifié par l’utilisation sans détour d’une rhétorique génocidaire et la déshumanisation honteuse des Palestiniens par de hauts responsables sionistes. » Cette prise de position marque un tournant dans le discours onusien, habituellement plus mesuré dans ses formulations. Le Haut-Commissaire a directement interpellé la conscience internationale en soulignant l’inaction coupable face à ce qu’il qualifie ouvertement de génocide en cours : « Nous manquons à notre devoir envers la population de Ghaza. Où sont les mesures décisives pour prévenir un génocide ? Pourquoi les pays ne font-ils pas davantage pour prévenir les atrocités criminelles ? » Ces questions accusatrices résonnent comme un réquisitoire contre la complaisance occidentale face aux crimes sionistes. La réalité sur le terrain confirme tragiquement ces accusations. Selon les autorités sanitaires palestiniennes, 67 nouveaux martyrs et 320 blessés sont arrivés dans les hôpitaux de Ghaza au cours des dernières 24 heures seulement. Parmi ces victimes, au moins 10 Palestiniens sont tombés en martyr lundi matin dans des bombardements menés par les forces d’occupation sur de vastes zones de la ville de Ghaza, rapporte l’agence Wafa. Les forces sionistes ont notamment fait exploser des robots piégés pour détruire des maisons près de la piscine du quartier Sheikh Radwan, tandis que l’artillerie pilonnait la partie orientale du même quartier sous le feu des drones de l’armée d’occupation.
Ces attaques s’inscrivent dans une logique d’extermination systématique que Volker Türk a décrite en des termes particulièrement accusateurs : « Les massacres de civils palestiniens perpétrés par l’entité sioniste à Ghaza, les souffrances indescriptibles et les destructions massives qu’elle inflige, l’entrave à l’aide vitale suffisante et l’inanition qui en résulte pour les civils, les assassinats de journalistes, de personnels de l’ONU et d’employés d’ONG, et les crimes de guerre qu’elle commet, choquent les consciences dans le monde. »
Cette condamnation fait écho aux appels répétés du secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher, qui a exhorté dimanche soir la communauté internationale à « appliquer les mesures provisoires de la Cour internationale de Justice et instaurer un cessez-le-feu » à Ghaza. Fletcher a souligné que « la mort, la destruction, la famine et le déplacement de civils palestiniens sont le résultat de choix de l’entité sioniste qui défient le droit international et ignorent la communauté internationale. »
La situation humanitaire continue de se détériorer de manière catastrophique. Fletcher a averti que « le dernier ordre de déplacement émis par l’armée sioniste contre les Palestiniens de la ville de Ghaza intervient deux semaines après la confirmation de la famine et au milieu d’une offensive militaire massive », précisant que « les chances d’empêcher la propagation de la famine à Deir al-Balah et Khan Younes sont très minces. » Cette stratégie de la terre brûlée vise manifestement à rendre impossible le retour des Palestiniens sur leurs terres ancestrales. L’acharnement génocidaire ne se limite pas aux bombardements aveugles. Les statistiques révèlent une dimension particulièrement cynique du massacre : le bilan des attaques de l’armée sioniste visant spécifiquement les Palestiniens qui attendaient l’aide humanitaire s’élève à 14 martyrs et 85 blessés durant les dernières 24 heures, portant le bilan global de ces crimes de guerre à 2.430 martyrs et 17.794 blessés. Cette stratégie délibérée de ciblage des civils affamés illustre parfaitement la nature génocidaire de l’agression sioniste. Parallèlement au massacre de Ghaza, l’occupation intensifie sa répression en Cisjordanie occupée. Les forces sionistes ont mené lundi des raids dans plusieurs localités au nord-ouest d’Al-Qods occupée, notamment Qatanna, Biddu et Qubeiba, procédant à des perquisitions et arrestations accompagnées de lancements massifs de grenades lacrymogènes. Plus grave encore, l’occupation a installé une nouvelle barrière métallique à l’est de Bethléem, séparant désormais les villages de Dar Salah et al-Obeidiyya de la ville et coupant le nord de la Cisjordanie du sud, aggravant encore les difficultés de circulation des Palestiniens dans une logique d’apartheid assumée. Face à cette escalade génocidaire, Volker Türk a formulé des recommandations concrètes qui, si elles étaient appliquées, pourraient mettre fin au carnage. Il demande aux pays de « stopper l’afflux vers l’entité sioniste d’armes qui risquent de violer les lois de la guerre » et d' »exercer une pression maximale pour obtenir un cessez-le-feu, la libération des personnes détenues et l’entrée d’une aide humanitaire suffisante à Ghaza, par tous les moyens à leur disposition. » Plus fondamentalement, il les appelle à prendre « des actions décisives pour s’opposer au projet sioniste de prise de contrôle militaire de Ghaza et à l’annexion accélérée de la Cisjordanie occupée. »
L.S.

