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Ghaza : Les violations du cessez-le-feu se multiplient

L’agression génocidaire sioniste contre la bande de Ghaza a franchi un nouveau seuil dramatique avec un bilan officiel de 69.179 martyrs et 170.693 blessés depuis le 7 octobre 2023, selon les autorités sanitaires palestiniennes. La grande majorité des victimes sont des femmes et des enfants, dans ce qui est qualifié d’agression génocidaire par les sources palestiniennes. Au cours des seules dernières 24 heures, trois corps de martyrs et trois blessés ont été transférés vers les hôpitaux de Ghaza, tandis que de nombreuses victimes restent encore ensevelies sous les décombres, rendant le décompte précis particulièrement difficile. Malgré l’entrée en vigueur d’un accord de cessez-le-feu le 10 octobre dernier, les violations israéliennes se poursuivent de manière systématique. Depuis cette date, 242 Palestiniens sont tombés en martyrs et 622 autres ont été blessés, démontrant la fragilité de la trêve censée mettre fin aux hostilités. Lundi après-midi, deux Palestiniens, dont un enfant, ont été tués lors d’une frappe de drone israélienne à l’est de Khan Younès, dans le sud de la bande de Ghaza. Selon des sources médicales, les victimes ont été tuées lorsque le drone a ciblé la ville de Bani Suheila. Parallèlement à la poursuite des violences, une tragédie humanitaire d’une autre nature se dévoile concernant les corps des martyrs palestiniens. Les autorités sanitaires de Ghaza ont révélé que moins d’un tiers des corps restitués par l’occupation israélienne ont pu être identifiés. Sur les 315 corps de martyrs palestiniens remis aux autorités par l’intermédiaire du Comité international de la Croix-Rouge dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu, seuls 91 ont été formellement identifiés à ce jour. Cette situation ajoute une dimension supplémentaire au drame vécu par les familles palestiniennes, nombreuses étant celles qui ignorent encore le sort de leurs proches disparus. Au total, 529 corps de martyrs ont été récupérés depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, mais l’identification reste un processus long et douloureux pour les autorités sanitaires débordées.

La situation des prisonniers palestiniens a également pris un tournant alarmant avec les révélations de Francesca Albanese, Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés. Dans un communiqué publié lundi, elle a déclaré que des preuves démontrent que des prisonniers palestiniens de Ghaza sont torturés depuis février 2024, soulignant que l’entité sioniste bénéficie toujours d’une impunité totale pour ces crimes. Ces déclarations font suite à un reportage exclusif du Guardian révélant que l’occupation détient des dizaines de Palestiniens de Ghaza dans une prison souterraine appelée Raqift, où les prisonniers sont privés de lumière du jour, de nourriture suffisante et de tout contact avec leurs familles ou le monde extérieur.

Le reportage du journal britannique s’appuie sur les témoignages d’avocats du Comité public contre la torture en Israël qui se sont rendus sur place et ont rencontré deux détenus civils. Il confirme que nombre de ces détenus sont des civils et que les tribunaux israéliens prolongent leur détention lors de brèves audiences par visioconférence, sans la présence d’avocats, justifiant cette pratique par la simple formule bureaucratique « jusqu’à la fin de la guerre ». Cette situation illustre, selon la Rapporteuse spéciale de l’ONU, comment l’(entité sioniste se considère au-dessus des lois internationales en matière de droits humains.

En Cisjordanie occupée, la situation n’est guère plus encourageante avec une escalade continue des incursions militaires et des violences perpétrées par les colons israéliens. Lundi, les forces d’occupation israéliennes et des groupes de colons ont mené une série d’attaques coordonnées dans plusieurs localités, marquées par des incursions, des violences contre des civils et des arrestations. Selon des sources sécuritaires citées par l’agence Wafa, des forces d’occupation ont pris d’assaut la localité d’al-Mazra’a al-Gharbiyya, au nord-ouest de Ramallah, accompagnées de colons armés. Parallèlement, des unités de l’armée d’occupation ont envahi la ville de Turmus Ayya, au nord-est de Ramallah, et se sont déployées dans ses rues sans procéder à des arrestations. Dans le même temps, des colons ont pénétré les abords de la ville voisine de Sinjil, effectuant des rondes provocatrices à proximité des habitations palestiniennes. Plus au sud, dans le gouvernorat d’Hébron, les forces d’occupation ont attaqué la localité de Beit Ula, où elles ont arrêté un citoyen, Muhannad al-Amleh, et blessé un autre habitant par des coups et l’usage de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes. L’homme blessé a reçu des soins sur place.

Ces attaques simultanées dans plusieurs zones illustrent l’escalade continue des incursions militaires et des violences de colons en Cisjordanie, qui se multiplient depuis plusieurs semaines dans un contexte de tension persistante et d’absence totale de protection pour les civils palestiniens. 

Lyes S.

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