Relance des unités industrielles confisquées : La briqueterie d’Adrar remise en service en mars 2026
Le ministre de l’Industrie Yahia Bachir a appelé à accélérer les travaux de raccordement électrique de l’unité de Fenoughil, récupérée par voie de justice et transférée au groupe GICA, dans le cadre de la politique gouvernementale de relance des projets confisqués pour corruption.
Le ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, a insisté lundi lors d’une visite de travail dans la wilaya d’Adrar sur la nécessité d’accélérer les travaux techniques et d’ingénierie pour la mise en exploitation de la briqueterie de la commune de Fenoughil, située au sud d’Adrar, en mars prochain. Cette unité industrielle, récupérée par voie de justice suite à un jugement définitif et transférée au groupe industriel des ciments d’Algérie, s’inscrit dans le cadre plus large de la politique gouvernementale visant à réintégrer les actifs confisqués dans le cadre de la lutte contre la corruption au sein du processus de développement national. Lors de la première étape de sa visite de travail, le ministre a écouté au niveau de la briqueterie de Fenoughil un exposé détaillé sur les six unités industrielles de la wilaya d’Adrar ayant été transférées au groupe industriel des ciments d’Algérie après avoir été récupérées par voie de justice. Les responsables du groupe GICA ont présenté les démarches adoptées et les contraintes rencontrées pour la réhabilitation de ces unités afin de permettre leur mise en exploitation dans les délais impartis. La briqueterie de Fenoughil, présentée comme l’un des projets phares de cette politique de réhabilitation, est appelée à assurer une production annuelle de 300.000 tonnes une fois opérationnelle, selon les explications fournies lors de la visite. Les responsables du groupe GICA ont indiqué que toutes les démarches administratives et techniques ont été finalisées, mais que l’unité reste dans l’attente du raccordement au réseau électrique sur une distance de quarante kilomètres, ainsi que de son raccordement au réseau de gaz dans les plus brefs délais. Ces raccordements constituent le principal obstacle à la mise en service de l’unité, malgré le parachèvement des évaluations de la commission technique concernée. Face à ces contraintes, le ministre de l’Industrie a saisi l’opportunité pour appeler à l’accélération des travaux de raccordement au réseau électrique en vue de la mise en service de l’unité en mars 2026, tout en insistant sur le respect des normes de qualité dans la production. Cette échéance de mars 2026 s’inscrit dans le calendrier gouvernemental de relance des unités confisquées, dont la réintégration dans le tissu productif national constitue une priorité affichée par les autorités. Le ministre a également souligné l’importance stratégique de cette briqueterie pour l’approvisionnement du marché local en matériaux de construction et la réduction de la dépendance aux importations dans ce secteur.
La visite ministérielle s’est poursuivie au groupement intégré de production de coton, couvrant une superficie globale de 5.000 hectares sur le territoire de la commune de Tamentit et qui a été transféré au groupe Agrodiv. Ce projet ambitieux, également récupéré dans le cadre de la lutte contre la corruption, représente un investissement majeur dans le secteur agricole et agro-industriel du sud algérien. Sur site, le ministre a appelé les gestionnaires à arrêter un plan d’action bien étudié et à recourir aux expertises existantes dans ce type d’activités, en vue de permettre son entrée en production. Il a également insisté sur la nécessité d’accélérer le raccordement du projet au réseau d’électricité, problématique récurrente qui semble affecter l’ensemble des projets industriels de la région.
Le groupement est constitué d’un système d’exploitation agricole du coton sur 4.000 hectares accompagné d’une unité de traitement, ainsi que d’un système d’exploitation agricole de fruits et légumes sur mille hectares avec une unité de transformation. Ce projet intégré vise à créer une véritable filière cotonnière dans le sud algérien, de la production agricole jusqu’à la transformation industrielle. Avec un coût total de huit milliards de dinars, le projet devra générer 300 emplois directs et 750 autres emplois indirects selon les données fournies, contribuant ainsi à la dynamisation de l’économie locale et à la création de richesses dans une région où le chômage reste une préoccupation majeure. Cette tournée s’inscrit dans le cadre du suivi régulier des projets de réhabilitation des unités confisquées, dont la relance effective constitue un indicateur de la volonté gouvernementale de transformer les actifs récupérés en leviers de développement économique.
Ces initiatives s’inscrivent dans une politique plus large initiée par le gouvernement visant à réintégrer les actifs confisqués dans le cadre de la lutte contre la corruption au sein du processus de développement national. Au total, 139 unités industrielles confisquées ont été transférées à des institutions publiques suite aux décisions judiciaires définitives y afférentes, représentant un potentiel économique considérable qui avait été gelé pendant plusieurs années dans l’attente de l’issue des procédures judiciaires. En octobre dernier, le Premier ministre Sifi Ghrieb avait réaffirmé la détermination du gouvernement à poursuivre la relance des projets confisqués. « Le gouvernement est déterminé à poursuivre la relance des projets confisqués dans le cadre de la lutte contre la corruption, car il s’agit de l’argent du peuple et les citoyens doivent pouvoir en profiter », avait déclaré le Premier ministre, ajoutant que le gouvernement ne ménagerait aucun effort au service des citoyens et des travailleurs. Le Premier ministre avait également souligné que cette démarche visait à créer des emplois et à stimuler l’investissement productif dans un contexte où la diversification de l’économie hors hydrocarbures demeure une priorité nationale. « Aujourd’hui, nous récoltons les fruits des efforts consentis au cours des dernières années conformément aux orientations du président de la République », avait poursuivi Sifi Ghrieb, soulignant que l’étape actuelle marque l’ouverture d’une nouvelle page dans le processus de développement national, à travers la récupération des projets à l’arrêt et leur réintégration dans le cycle économique. Cette politique de réhabilitation des unités confisquées s’inscrit donc dans une vision stratégique de long terme visant à maximiser le retour sur investissement des actifs publics et à renforcer le tissu industriel national.
Samira Ghrib

