Annaba : Retour en force du commerce informel
Après une relative accalmie qui a suivi les campagnes strictes lancées précédemment par les autorités locales, le phénomène du commerce informel a fait un retour en force dans les rues d’Annaba. En effet, le commerce informel à Annaba est devenu au fil du temps un phénomène socio-économique. Une situation dont l’impact négatif sur l’environnement urbain et la vie quotidienne, ainsi que les efforts des autorités pour y remédier, semblent échapper à tout contrôle. La présence quotidienne de vendeurs ambulants qui occupent anarchiquement les espaces publics cause des nuisances, une insalubrité accrue et crée une concurrence déloyale pour les commerces légaux, dont certains sont contraints de fermer.
En réponse, les autorités locales organisent régulièrement des opérations de lutte contre ce phénomène, comme l’a fait la commune d’Annaba en septembre dernier. Une période qui a permis quelque peu aux piétons de se réapproprier l’usage des trottoirs. Ces espaces squattés par les vendeurs de l’informel, qui défient les lois de la République, s’installent dans les rues, sur les trottoirs et devant les magasins, bloquant la circulation piétonne et automobile. En matière de sécurité et de salubrité publique, le commerce informel est associé à des dégradations, des accumulations de déchets et peut être le théâtre de débordements et de violences, notamment lors des périodes de grande affluence, comme le mois de ramadan et les fêtes religieuses. Outre cela, ce commerce irrégulier constitue une forme de concurrence déloyale, car il affecte négativement les commerces légaux qui paient des impôts, dont plusieurs ont dû fermer boutique. N’étant pas indifférentes à ce phénomène qui dérange à plus d’un titre, les autorités, notamment les forces de l’ordre, mènent des opérations de lutte régulières pour libérer les espaces publics et éradiquer le commerce informel, alors que les services de la commune n’ont jamais manifesté de réelle initiative. Ces opérations ciblent le plus souvent des points considérés comme sensibles, tels que la rue Gambetta, les alentours du marché El Hattab, le jardin d’El Houria et bien d’autres endroits du centre-ville de la commune d’Annaba, transformé en grand souk.
Or, malgré ces actions, le phénomène tend à se réinstaller rapidement, prenant ainsi le dessus sur le commerce légal. Autrement dit, les marchands de l’informel et les vendeurs à la sauvette sont plus que jamais présents à travers tous les points de vente qu’ils ont improvisés pour écouler leurs marchandises. Ils sont nombreux à installer leurs marchandises à même le sol, se souciant peu des désagréments qu’ils causent aux uns et aux autres. Ces vendeurs de l’informel empêchent le déplacement des citoyens qui se voient contraints d’emprunter l’espace réservé aux automobilistes. En somme, ce que peut constater aujourd’hui le commun des mortels, c’est qu’Annaba semble s’habituer au phénomène de l’informel qui touche pourtant directement son cadre de vie, ainsi que le statut social et environnemental de la ville. Et ce, en dépit du travail des policiers, effectué depuis des années pour chasser ces marchands de l’informel qui exercent au détriment d’une économie juste et loyale, travail qui semble malheureusement voué à l’échec.
Sofia Chahine

