Relance des entreprises confisquées : Un enjeu stratégique pour la diversification économique
Le ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, a affirmé mardi depuis Adrar que la relance des entreprises et projets récupérés suite à la lutte anticorruption consolidera la dynamique économique et renforcera la complémentarité du tissu industriel aux échelles locale, régionale et nationale, inscrivant cette politique dans la stratégie gouvernementale de diversification hors hydrocarbures et de valorisation des actifs publics confisqués. Lors de la deuxième journée de sa visite de travail dans la wilaya d’Adrar, le ministre a inspecté plusieurs investissements publics et privés, constatant un niveau « avancé » des investissements et une qualité « acceptable » de production, représentant une « valeur ajoutée » au tissu industriel local. Yahia Bachir a souligné que « l’appui à l’investissement privé reste une priorité du secteur de l’Industrie », réaffirmant l’engagement de ses services à accompagner les entreprises « sérieuses », à améliorer le climat des affaires et à réunir les conditions nécessaires à la hausse du niveau de production et à la promotion de la valeur ajoutée locale. Le ministre a particulièrement mis en avant les potentialités d’Adrar qui l’habilitent à se constituer en pôle industriel équilibré, grâce à la relance des projets récupérés et leur réhabilitation, dans le cadre de la dynamique que connaît la région en matière d’investissement privé. Il a précisé que les efforts se poursuivront, avec le concours des autorités locales, pour concrétiser une « efficience » de ces projets et renforcer leur contribution à la génération de richesses et d’emplois, selon un mode de gestion basé sur « la bonne gouvernance, la viabilité économique et la valorisation des ressources locales ».
Parmi les unités visitées figure une minoterie récupérée et transférée au groupe Agrodiv. L’unité fait l’objet d’une réhabilitation visant à atteindre une production de 400 quintaux par jour, tandis qu’un projet de nouvelle ligne de production d’une capacité de 1 000 quintaux par jour est prévu, portant ainsi la capacité globale à 1 400 quintaux par jour. Le ministre a également inspecté 2 entreprises privées spécialisées dans les constructions métalliques et la production de lait subventionné. Ces initiatives s’inscrivent dans une politique gouvernementale plus large de réintégration des actifs confisqués dans le cadre de la lutte anticorruption au sein du processus de développement national. Au total, 139 unités industrielles confisquées ont été transférées à des institutions publiques suite à des décisions judiciaires définitives, représentant un potentiel économique considérable qui était gelé pendant plusieurs années dans l’attente de l’issue des procédures judiciaires.
En octobre dernier, le Premier ministre Sifi Ghrieb avait réaffirmé la détermination gouvernementale sur ce dossier stratégique. « Le gouvernement est déterminé à poursuivre la relance des projets confisqués dans le cadre de la lutte contre la corruption, car il s’agit de l’argent du peuple et les citoyens doivent pouvoir en profiter », avait déclaré le chef de l’exécutif, ajoutant que le gouvernement ne ménagerait aucun effort au service des citoyens et des travailleurs. Le Premier ministre avait également souligné que cette démarche visait à créer des emplois et à stimuler l’investissement productif dans un contexte où la diversification de l’économie hors hydrocarbures demeure une priorité nationale. « Aujourd’hui, nous récoltons les fruits des efforts consentis au cours des dernières années conformément aux orientations du président de la République », avait poursuivi Sifi Ghrieb, soulignant que l’étape actuelle marque l’ouverture d’une nouvelle page dans le processus de développement national, à travers la récupération des projets à l’arrêt et leur réintégration dans le cycle économique.
Cette politique de réhabilitation des unités confisquées s’inscrit dans une vision stratégique de long terme visant à maximiser le retour sur investissement des actifs publics et à renforcer le tissu industriel national, tout en transformant les fruits de la lutte anticorruption en leviers concrets de développement économique et de création d’emplois.
Amar Malki

