El Tarf : L’UGEA saisit le ministère de l’Habitat
Le bureau de wilaya de l’Union Générale des Entrepreneurs Algériens (UGEA) d’El Tarf a officiellement saisi le ministre de l’Habitat pour dénoncer des violations présumées du Code des marchés publics imputées à la Direction de l’Urbanisme, de l’Architecture et de la Construction (DUAC) de la wilaya, et réclamer l’ouverture d’une commission d’enquête.
Des informations émanant de l’intérieur même de la direction de l’urbanisme confirment cette saisie officielle du ministère de tutelle. Selon les mêmes sources, le bureau de wilaya d’El Tarf de l’Union Générale des Entrepreneurs Algériens (UGEA) a interpellé le ministre de l’Habitat via une correspondance officielle, par laquelle il sollicite l’ouverture d’une commission d’enquête au sein de la direction locale relevant de ce département ministériel. Les membres du bureau de l’UGEA ont exprimé leur exaspération face aux pratiques constatées dans la préparation des cahiers des charges. Les plaignants ont dénoncé ce qu’ils ont qualifié de « violations flagrantes de la réglementation régissant le Code des marchés publics, notamment en matière de répartition et d’évaluation des offres, en vertu des textes de 2015 et 2023 », ont-ils expliqué.
Dans sa correspondance, le bureau de wilaya d’El Tarf de l’Union Générale des Entrepreneurs Algériens a également rappelé le décret présidentiel n° 12/33 en date du 5 août 2023, définissant les règles générales du Code des marchés. Ce texte vise à soutenir les entreprises durement éprouvées par la pandémie de Covid-19, par le gel de projets dans de nombreux secteurs. Ce dispositif, ont souligné les plaignants, avait permis aux entreprises de soumissionner individuellement ou en groupement. Or, la Direction de l’Urbanisme, de l’Architecture et de la Construction (DUAC), à travers la note n° 02/2026, semble faire fi de ces dispositions, pénalisant de fait les entreprises, qu’elles soient seules ou regroupées, dans leur participation aux appels d’offres, expliquent nos sources. À ces contraintes viennent s’ajouter des exigences jugées « excessives », dont une qualification minimale de niveau 4, la possession d’équipements propres à l’entreprise, ainsi que l’obligation de disposer d’un ingénieur en génie civil justifiant d’au moins deux années d’expérience.
Suite à ces conditions dénoncées par les entrepreneurs, leurs représentants au sein du bureau de cette organisation demandent la mise en place d’une commission d’enquête afin de clarifier la situation et de prendre les mesures nécessaires, pour mettre fin à ce qu’ils qualifient « d’agissements susceptibles de freiner le développement de la wilaya d’El Tarf ».
Sofia Chahine

