Importation d’un million de moutons pour l’Aïd : L’opération entre dans le concret et s’accélère
Le navire « Unimar » a accosté au port d’Alger avec 12 350 têtes venues d’Espagne. C’est le signal de départ d’une opération d’envergure nationale : importer un million de moutons avant le 20 mai pour que chaque famille algérienne puisse sacrifier un mouton à un prix plafonné à 50 000 dinars.
La première cargaison de moutons destinés à l’Aïd El-Adha 2026 a touché le sol algérien jeudi matin. Le port d’Alger a réceptionné 12 350 têtes de bétail en provenance d’Espagne, marquant le coup d’envoi d’un plan national d’importation décidé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors du Conseil des ministres du 8 mars dernier. L’objectif : faire arriver un million de moutons sur le marché national d’ici au 20 mai 2026, pour contenir la flambée des prix traditionnellement constatée à l’approche de la fête du sacrifice. L’opération a été menée dès l’aube dans des conditions décrites comme rigoureusement encadrées. Selon un communiqué de l’Entreprise portuaire d’Alger (EPAL), le déchargement s’est effectué avec «la mobilisation des moyens logistiques et humains nécessaires pour assurer un déchargement fluide et sécurisé de ce lot, conformément aux instructions du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, visant à simplifier les procédures organisationnelles pour garantir la fluidité et la sécurité de ces cargaisons». Les animaux ont ensuite été acheminés vers des centres de quarantaine, où ils sont soumis à une surveillance sanitaire avant d’être autorisés à la commercialisation.
4 pays fournisseurs sélectionnés
Pour diversifier les sources d’approvisionnement et sécuriser le volume total commandé, l’Algérie s’est tournée vers quatre pays fournisseurs : l’Espagne, la Roumanie, le Brésil et l’Uruguay. Le ministère de l’Agriculture et du Développement rural précise dans son communiqué que «la cadence des importations va s’accélérer dans les prochains jours», les cargaisons devant se succéder dans les ports nationaux jusqu’à la date butoir du 20 mai. Le ministère indique également avoir mobilisé «les moyens logistiques nécessaires pour garantir la réception des animaux dans des conditions appropriées», préalablement à leur distribution et mise en vente sur l’ensemble du territoire.
Au cœur du dispositif : le plafonnement du prix de vente. Lors du Conseil des ministres de mars, Tebboune avait fixé à 50 000 dinars le prix maximum auquel un mouton importé pourra être cédé à un particulier. Une mesure d’ordre public économique, doublée d’une injonction adressée aux services gouvernementaux d’«assurer un suivi rigoureux de l’opération d’importation et de commercialisation des moutons, en veillant à barrer la route à toutes les formes de fraude, de contrebande et de spéculation», selon les termes officiels rapportés par l’APS.
Cette intervention de l’État dans la régulation du marché de l’Aïd El-Adha n’est pas inédite, mais son ampleur cette année — un million de têtes, quatre pays mobilisés, un plafond légal — témoigne d’une volonté affichée de ne pas laisser le prix du mouton devenir, comme les années précédentes, un marqueur douloureux du pouvoir d’achat des ménages algériens. Le bétail local, lui, reste disponible sur les marchés, mais à des prix qui s’envolent régulièrement à l’approche de la fête, rendant l’accès au sacrifice difficile pour une part croissante de familles.
Samir Benisid

