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Le président de la République reçoit un message de son homologue Somalien : Alger et Mogadiscio affichent un front commun

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a reçu mercredi à Alger Ali Yusuf Hosh, ministre somalien de l’Intérieur et des Affaires fédérales, porteur d’un message personnel du président de la République fédérale de Somalie, Hassan Sheikh Mohamud. L’audience s’est tenue en présence du ministre d’État chargé de l’Inspection générale des services de l’État, Brahim Merad, du ministre d’État et des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, du ministre de l’Intérieur Saïd Sayoud, et du conseiller diplomatique à la présidence, Amar Abba — une composition qui dit, en elle-même, le poids politique de la démarche.

La visite intervient dans un contexte de tension grave pour la Somalie. Le 26 décembre 2025, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu annonçait la reconnaissance officielle du Somaliland comme État indépendant, faisant d’Israël le premier — et jusqu’ici le seul — pays membre de l’ONU à franchir ce pas et en contradiction avec les principes du droit international. Douze chefs de diplomatie, dont celui de l’Algérie, de l’Égypte, de la Turquie, de l’Arabie saoudite et de la Palestine, ont publié une déclaration conjointe condamnant « avec la plus grande fermeté » cette décision, qu’ils ont qualifiée de violation flagrante de la souveraineté, de l’unité et de l’intégrité territoriale de la République fédérale de Somalie. C’est à la demande du groupe A3+ — Algérie, Guyana, Sierra Leone et Somalie — que le Conseil de sécurité des Nations unies a été convoqué en séance d’urgence pour examiner cette reconnaissance, largement dénoncée comme illégale.

L’Union africaine, la Ligue arabe, l’Organisation de la coopération islamique et le Conseil de coopération du Golfe ont tous condamné la démarche de l’entité sioniste qui multiplie les manœuvres de déstabilisation dans la Corne de l’Afrique, estimant qu’elle risquait de créer « un dangereux précédent aux conséquences considérables pour la paix et la stabilité sur l’ensemble du continent ».

Au sortir de l’audience, Ali Yusuf Hosh a tenu à exprimer publiquement la gratitude de Mogadiscio. « Nous sommes heureux de visiter aujourd’hui la République algérienne démocratique et populaire, ce pays frère qui, à travers toutes les étapes historiques, est demeuré un soutien constant pour la République fédérale de Somalie et un partenaire stratégique avec lequel nous partageons les liens de fraternité, de solidarité et d’un destin commun », a-t-il déclaré. Le ministre somalien a salué « la position honorable et constante de l’Algérie — sa direction, son gouvernement et son peuple — en faveur de l’unité, de la souveraineté et de la stabilité de la Somalie, ainsi que son rôle constructif dans le soutien aux efforts de paix et de développement ». Il a également mis en avant la trajectoire des relations bilatérales : « Les relations entre nos deux pays connaissent aujourd’hui une phase avancée de coopération et d’échanges, et nous nous réjouissons de voir les résultats positifs des accords et mémorandums d’entente signés entre les deux parties dans de multiples domaines. » Il a enfin tenu à saluer l’initiative algérienne d’octroi de bourses d’études aux étudiants somaliens, y voyant « une contribution réelle à la formation humaine, au développement des compétences et au renforcement du partenariat culturel et scientifique entre les deux pays ».

Cette rencontre confirme le rôle que l’Algérie entend jouer dans la défense de l’intégrité territoriale des États africains et arabes face aux manœuvres de déstabilisation. Un rôle que la diplomatie algérienne avait déjà pleinement assumé lors de son mandat au Conseil de sécurité.

Salim Amokrane

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