Algérie-Belgique : Deux accords sur la migration signés à Bruxelles
Le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines a effectué mardi une visite officielle à Bruxelles, au cours de laquelle deux accords ont été conclus sur la réadmission des migrants et les visas diplomatiques. Les entretiens ont également permis de tracer des perspectives ambitieuses pour la coopération bilatérale. Ahmed Attaf, a conclu à l’occasion deux accords avec ses homologues belges lors de cette visite officielle dans la capitale belge, effectuée sur instruction du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Le premier accord porte sur la réadmission des ressortissants algériens en situation irrégulière sur le territoire belge ; le second prévoit une exemption de visa pour les détenteurs algériens de passeports diplomatiques et de service. Cette visite intervient dans la continuité des échanges diplomatiques entre les deux pays, notamment après le déplacement du vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, à Alger en juillet 2025, lui-même précédé de la tenue de la cinquième session des consultations politiques bilatérales. Attaf s’est d’ailleurs félicité de cette régularité, estimant qu’elle constitue « un signe d’intérêt, de vitalité et de confiance mutuelle ». Les deux ministres sont convenus de convoquer la sixième session des consultations politiques à Bruxelles dès septembre prochain.
Sur le volet migratoire, la ministre belge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, a qualifié l’accord de réadmission d’« historique », évoquant un dossier en discussion depuis plusieurs années. L’accord de réadmission, qui doit encore être ratifié, prévoit notamment l’accélération des procédures d’identification des personnes concernées dans un délai d’environ quinze jours, la délivrance de documents de voyage d’une validité de trente jours pour faciliter les retours, « la possibilité de transférer plusieurs personnes par vol et de recourir à des vols directs ou indirects », ainsi que « de faire appel à des escorteurs algériens » pour accompagner les retours forcés.
Un agenda économique ambitieux
Au-delà du dossier migratoire, les entretiens entre Attaf et Prévot ont couvert un spectre bien plus large. Le chef de la diplomatie algérienne a indiqué que les discussions ont permis d’« identifier plusieurs axes d’action afin d’élever notre coopération à la hauteur de nos ambitions communes ». Le premier axe porte sur les échanges commerciaux. « Il s’agit, en premier lieu, d’accroître davantage le volume de nos échanges commerciaux, qui s’établissent actuellement à environ 1,5 milliard de dollars américains, mais qui recèlent un potentiel de croissance beaucoup plus important », a relevé Attaf. Il a dit avoir plaidé pour « une meilleure facilitation de l’accès des produits algériens aux marchés belge et européen, notamment les produits agricoles et agroalimentaires, les produits sidérurgiques, le ciment et ses dérivés, ainsi que les produits pharmaceutiques ». Le deuxième axe concerne les mécanismes institutionnels de coopération. Attaf a insisté sur « la nécessité de réactiver les mécanismes de coopération bilatérale, en particulier la Commission mixte de coopération économique et le Conseil d’affaires conjoint, afin de donner une impulsion renouvelée à notre partenariat ». Le troisième axe porte sur la modernisation du cadre juridique, avec la volonté de poursuivre « l’actualisation des instruments existants et la conclusion de nouveaux accords à même d’ouvrir la voie à des domaines de coopération encore plus prometteurs ».
Sur le plan économique, Attaf a salué « le regain d’intérêt des entreprises belges pour le marché algérien », illustré notamment par l’ouverture d’une représentation économique belge à Alger en octobre dernier. Il en a profité pour « inviter les opérateurs économiques de ce grand pays ami à accroître leur présence en Algérie et à saisir les nombreuses opportunités d’investissement qui ne cessent d’émerger, notamment dans les secteurs de l’énergie, tant conventionnelle que renouvelable, des mines, de l’agriculture saharienne, de l’industrie, des transports et de l’innovation ».
Questions régionales et internationales
Les deux ministres ont également abordé les grandes questions géopolitiques du moment. Attaf a évoqué « la situation au Moyen-Orient, marquée par une escalade militaire préoccupante », exprimant le vœu que « la raison l’emporte enfin et que les parties concernées retrouvent le chemin du dialogue et de la diplomatie, qui demeurent le seul moyen viable pour résoudre durablement les conflits ». L’Algérie a appelé la communauté internationale à « ne pas perdre de vue la question palestinienne, dont le règlement définitif, juste et durable demeure essentiel pour la paix, la sécurité et la stabilité au Moyen-Orient ».
Sur le partenariat avec l’Europe, Attaf a indiqué que l’Algérie appelle à l’inscrire « dans une trajectoire renouvelée, fondée sur l’équilibre des intérêts et la prise en compte des préoccupations légitimes des deux parties ». Il a conclu en exprimant sa conviction que « la conjugaison » des dynamiques politique, sectorielle et économique permettra « de franchir ensemble un nouveau cap vers un partenariat renforcé entre l’Algérie et la Belgique ».
Chokri Hafed
Attaf entame une visite officielle en Confédération suisse
Chargé par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, M. Ahmed Attaf, est arrivé, mercredi soir, à Berne, pour une visite officielle en Confédération suisse, indique un communiqué du ministère. Cette visite vise à « insuffler une nouvelle dynamique aux relations algéro-suisses dans leurs différentes dimensions politique, économique et humaine », précise le communiqué. Au cours de cette visite, « M. Attaf s’entretiendra avec nombre de responsables suisses sur les moyens de consolider et de renforcer la coopération bilatérale », ajoute la même source.
APS

