Ligne Alger-Tamanrasset en préparation : Le chantier commence à prendre forme
Le chantier ferroviaire le plus ambitieux du pays commence à prendre forme sur le terrain. Le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, a réuni mercredi à Alger les directeurs du secteur des wilayas du Sud pour faire le point sur les projets en cours et préparer les années à venir — avec, en toile de fond, le lancement prochain de la grande liaison ferroviaire nord-sud. La rencontre a regroupé les directeurs des travaux publics de Touggourt, El Oued, Illizi, El-Meniaa et El-Meghaier, ainsi que des cadres centraux du ministère. L’ordre du jour était double : évaluer l’avancement des projets inscrits au programme 2026 et examiner les nouvelles propositions pour 2027, 2028 et 2029. Une revue de chantier, en somme, mais à l’échelle de tout le Grand Sud.
Le passage le plus attendu de la réunion concerne la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset. Selon le communiqué du ministère, Djellaoui a insisté sur la nécessité de « préparer, dans les meilleures conditions, le lancement du projet », en particulier sur les tronçons qui traverseront Laghouat, Ghardaïa, El-Meniaa, In Salah et Tamanrasset. Ce chantier, coordonné avec l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (ANESRIF), est présenté comme une priorité nationale pour le désenclavement du sud du pays. Sur la méthode de travail, le ministre a fixé un cap clair. Il a demandé d’« adopter une nouvelle approche basée sur la performance et l’efficacité dans la gestion des projets », avec une coordination rigoureuse entre les différents intervenants pour améliorer la cadence de réalisation.
La ligne ferroviaire reliant Alger à Tamanrasset est un chantier titanesque de plus de 2000 km, dont la mise en service est prévue pour fin 2028. Cette ligne permettra de désenclaver les populations du Grand Sud algérien, faciliter le transport des marchandises et permettra de connecter par le rail les pays voisins du Sahel aux ports de la Méditerranée. C’est en soit un projet d’intégration économique régionale qui bénéficie du soutien de la Banque africaine de développement.
Le réseau routier et les infrastructures de base figurent également dans la liste des chantiers à finaliser en urgence, notamment les « opérations liées aux projets structurants relatifs au développement et à l’entretien du réseau routier ».
La réunion de mercredi n’est pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans une série de rencontres de coordination entamée mardi et qui se prolongera jusqu’au 3 juin prochain. L’objectif, selon le ministère, est de « s’enquérir de près de la situation des projets sectoriels et de définir les besoins futurs, selon une approche de développement équilibrée répondant aux aspirations des citoyens à travers les différentes régions du pays ». Chaque région du territoire sera ainsi passée en revue avant la clôture de ce cycle de consultations.
Ce tour de table régional traduit une volonté de reprendre la main sur des chantiers dont les délais ont souvent dérapé. Le Sud algérien concentre une part importante des grands projets d’infrastructure inscrits dans la feuille de route gouvernementale — routes nationales, pistes, ouvrages d’art — mais les conditions climatiques, l’éloignement et la dispersion des intervenants compliquent régulièrement le suivi.
Amar Malki

