Économie

Ligne minière Est : Les chantiers tournent à plein régime

Les travaux du projet de ligne minière Est, qui reliera sur 422 kilomètres les wilayas d’Annaba et de Tébessa, se poursuivent « à une cadence accélérée », annonce ce samedi le ministère des Travaux publics et des Infrastructures de base dans un communiqué. Le texte insiste sur « la mobilisation de toutes les capacités matérielles et humaines, conformément aux instructions du ministre du secteur, Abdelkader Djellaoui, visant à accélérer la cadence de réalisation et à renforcer le travail continu sur le terrain, afin de livrer le projet dans les délais impartis ». Les équipes travaillent désormais de nuit. Les entreprises nationales mobilisées sont Cosider Travaux Publics, Cosider Ouvrages d’Art, l’entreprise de réalisation des infrastructures ferroviaires Infrafer et l’entreprise Sero-Est, « aux côtés du partenaire étranger », précise le ministère sans davantage de détails sur l’identité de ce dernier. Sur le terrain, les interventions couvrent plusieurs fronts simultanément. Les travaux de pose de voie ferrée progressent sur le tronçon Dréa-Oued Kebrit, long de trente kilomètres, avec des chantiers nocturnes au point kilométrique 50. À la gare d’El Hadjar, Cosider Travaux Publics poursuit le soudage des rails et le bourrage des voies au PK 26, pendant qu’Infrafer mène en parallèle des interventions nocturnes au PK 24 ainsi que des opérations de soudage électrique des rails et d’achèvement du drainage transversal dans la même gare. Le génie civil avance de son côté sur plusieurs ouvrages d’art : creusement du tunnel N°2, forage des pieux du pont N°9, coulage de béton pour le pont N°36 et le troisième niveau du pont N°4, pose de supports métalliques pour le soutènement provisoire à la sortie du tunnel N°8. Sero-Est, quant à elle, réalise les structures métalliques des ponts supérieurs aux PK 36 et PK 21. « Ce qui témoigne de l’avancement notable des différentes composantes du projet », conclut le communiqué.

Cette effervescence sur les chantiers s’explique par une échéance présidentielle gravée dans le marbre. Le président Tebboune a fixé un calendrier ferme : la première cargaison de phosphate transformé doit quitter le port d’Annaba avant la fin de l’année 2026, au plus tard début 2027. Le lancement officiel du projet de mine de phosphate lui-même est attendu dès ce mois d’avril. Sans cette artère ferroviaire, les responsables du secteur ont eux-mêmes reconnu que l’exploitation à grande échelle des gisements demeurerait, selon leurs propres termes, « de l’ordre de l’impossible ».

L’enjeu dépasse largement la logistique ferroviaire. Le phosphate algérien, classé parmi les plus importants gisements mondiaux, est au cœur d’un méga-projet industriel intégré visant une capacité annuelle de six millions de tonnes d’engrais et de produits dérivés. L’ambition affichée est de faire de l’Algérie un acteur de premier plan sur un marché mondial sous tension, porté par les inquiétudes croissantes autour de la sécurité alimentaire mondiale. La ligne minière Est n’est d’ailleurs qu’un maillon d’un dispositif industriel plus large : le gisement de fer de Gara Djebilet — avec une ambition de dix millions de tonnes de concentré par an — et le projet zinc-plomb de Béjaïa complètent un tableau qui vise à repositionner le pays sur la carte minière régionale et internationale.

Derrière ces projets, c’est une ambition macroéconomique précise qui se profile : porter le PIB national à 400 milliards de dollars d’ici 2027. Cet objectif impose une accélération sans précédent de la mise en œuvre des grands chantiers miniers, principal levier d’une diversification économique que l’Algérie appelle de ses vœux depuis des décennies.

Amar Malki

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