Coupe du monde gymnastique : Nemour en or au Caire
Au Caire, dimanche, Kaylia Nemour a remporté la médaille d’or aux barres asymétriques de la 4e étape de la Coupe du monde de gymnastique artistique, malgré une chute en cours d’exercice. Un nouveau titre qui confirme la domination de la championne olympique algérienne sur son agrès de prédilection, et qui pourrait n’être que le premier d’un doublé historique au bout du Nil.
Il y a des champions qui gagnent quand tout va bien. Il y en a d’autres qui gagnent aussi quand ça déraille. Kaylia Nemour appartient résolument à la seconde catégorie. Dimanche au Caire, la gymnaste algérienne a décroché la médaille d’or aux barres asymétriques de la 4e étape de la Coupe du monde, avec 14.033 points, devançant la Chinoise Jiang Shuting, deuxième avec 13.700 points, et la Slovène Lucija Hribar, troisième avec 13.100 points. Une victoire nette, presque sereine — à ceci près qu’elle a chuté en plein exercice. Ses adversaires n’ont pas su, ou pas pu, saisir l’occasion. La championne olympique, elle, ne s’est pas laissé déconcentrer. Elle a repris sa barre, terminé sa routine et attendu les notes avec le sang-froid de celles qui ont déjà tout vécu.
Cette médaille d’or au Caire est la deuxième de Kaylia Nemour sur le circuit de la Coupe du monde 2026. Elle avait ouvert son compteur début mars à Bakou, en s’imposant aux barres asymétriques avec 15.233 points, ajoutant à cette occasion une médaille d’argent à la poutre pour faire bonne mesure. Avant cela, lors de l’étape inaugurale de Cottbus, en Allemagne, la saison avait pourtant failli mal commencer : une chute aux barres l’avait reléguée à une inhabituelle septième place en finale. Mais c’est aussi à Cottbus qu’elle avait inscrit un nouvel élément à son nom dans le code de pointage international — le Nemour 2 —, récompense suprême réservée aux gymnastes qui innovent et dont les difficultés sont jugées suffisamment originales pour être officiellement répertoriées. Un signe que même dans l’échec, la championne algérienne avance.
Le week-end cairote avait pourtant bien commencé dès vendredi, lors des qualifications des barres asymétriques. Nemour avait signé la meilleure note du tour avec 15.266 points, sa performance la plus élevée depuis le début de l’année, devançant les deux Chinoises Ke Quinquin, deuxième avec 14.066 points, et Qiu Qiyuan, troisième avec 13.700 points. Une qualification dominatrice qui annonçait une finale de haute tenue, et qui fut tenue, chute comprise.
La poutre, nouveau terrain de conquête
Mais l’histoire cairote de Kaylia Nemour n’est peut-être pas encore terminée. La championne algérienne s’est également qualifiée pour la finale de la poutre, prévue lundi, après avoir dominé samedi les qualifications de cet agrès avec 14.633 points, là encore devant les deux représentantes chinoises Ke Quinquin et Qiu Qiyuan. La poutre n’est pas l’appareil historique de Nemour — les barres asymétriques restent son domaine de prédilection — mais elle y progresse à grande vitesse. À Bakou, elle y avait décroché l’argent. À Cottbus déjà, elle avait terminé deuxième dans cet exercice. Si elle confirme lundi, elle réussira un doublé or-or au Caire qui marquerait un nouveau seuil dans sa carrière.
Cette étape égyptienne s’inscrit dans un contexte particulier pour la délégation algérienne. Elle constitue en effet la dernière sortie internationale avant les Championnats d’Afrique, prévus à partir du 21 avril prochain au Cameroun. Autant dire que les performances du week-end cairote ont valeur de test grandeur nature, de répétition générale avant une échéance continentale où l’Algérie sera attendue au tournant. Dans ce cadre, la dynamique affichée par Nemour et ses coéquipières ne peut qu’inspirer confiance.
Il faut également noter que le circuit de la Coupe du monde 2026 a subi un réaménagement de calendrier décidé par la Fédération internationale de gymnastique, à la suite de l’annulation de l’étape de Doha. Dans ce contexte, seuls les trois meilleurs résultats de chaque gymnaste seront retenus pour le classement final par appareil. Une donnée stratégique qui donne un relief supplémentaire aux performances de Nemour : avec deux ors et plusieurs podiums, elle se positionne idéalement pour finir en tête du classement de la Coupe du monde aux barres asymétriques, son agrès roi.
Championne olympique à Paris, championne du monde en 2025, Kaylia Nemour continue d’écrire une histoire qui n’a pas fini de surprendre.
Moncef Dahleb

