Liban : L’ONU tire la sonnette d’alarme
Alors que le bilan humain de l’agression sioniste contre le Liban dépasse les deux mille morts depuis le 2 mars, dix pays ont signé une déclaration conjointe exprimant leur « vive inquiétude » face à la dégradation de la situation humanitaire, tandis que les agences onusiennes multiplient les appels à une aide d’urgence pour une population en détresse.
La déclaration collective exige la protection des civils et des infrastructures civiles « conformément au droit international » et condamne « avec la plus grande fermeté » les actions ayant coûté la vie à des Casques bleus de la FINUL, la Force intérimaire des Nations unies au Liban. « Les attaques qui menacent la sécurité du personnel humanitaire doivent cesser », martèlent les pays signataires, en réclamant le respect du droit international humanitaire « par toutes les parties au conflit, en toutes circonstances ». Ce texte intervient dans un contexte où les attaques israéliennes, engagées le 2 mars dans le sud du Liban puis étendues à la banlieue sud de Beyrouth ainsi qu’aux régions centrale et orientale du pays, ont provoqué le déplacement forcé de plus d’un million de personnes. Selon le dernier bilan du ministère libanais de la Santé, 2.124 personnes ont été tuées et 6.921 blessées depuis le début des hostilités, dont 35 morts et 159 blessés au cours des seules dernières vingt-quatre heures. Le tableau humanitaire dressé par les Nations unies est alarmant. Anandita Philippos, représentante du Fonds des Nations unies pour la population au Liban, a indiqué lors d’une conférence de presse à Genève qu’environ 13.500 femmes enceintes déplacées se trouvaient dans un besoin urgent de soins maternels et reproductifs, dont 1.700 encore présentes dans le sud du pays, zone des combats les plus intenses. Elle a précisé qu’au 12 avril, 1.355 femmes avaient été tuées ou blessées depuis le début du conflit, et que la seule journée du 8 avril avait fait 99 femmes et 31 enfants tués, tandis que plus de cent bombes étaient larguées en moins de dix minutes. « Les familles recherchent toujours désespérément leurs proches disparus. Les jeunes mères bercent leurs nouveau-nés, sans savoir si la sécurité reviendra un jour », a-t-elle témoigné, soulignant que « l’ampleur des pertes pousse un système de santé déjà fragile au bord de l’effondrement total ».
De son côté, le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Barham Saleh, en visite à Beyrouth depuis mardi, a lancé un appel pressant à la communauté internationale après une rencontre avec le Premier ministre libanais Nawaf Salam. « Les conséquences humanitaires de cette guerre sont immenses », a-t-il déclaré, rappelant qu’un cinquième de la population libanaise se trouvait désormais déplacée. Il a indiqué que le HCR n’avait reçu qu’une fraction des 61 millions de dollars demandés pour faire face à cette crise « sans précédent », somme qui s’inscrit dans l’enveloppe globale de 308 millions de dollars réclamée en urgence par le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, lors de sa visite au Liban en mars. « Le Liban ne mérite pas d’être prisonnier d’un cycle récurrent de violence, il mérite le soutien et la stabilité », a-t-il ajouté.
L.S.

