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Lutte contre la corruption : Des politiques évaluées à l’aune du développement durable

El-Oued a accueilli mercredi matin le coup d’envoi de la 28e édition du colloque international sur l’évaluation des politiques de lutte contre la corruption, organisé à l’Université Chahid Hamah Lakhdar. Un événement scientifique de premier plan, présidé par Salima Mousserati, présidente de la Haute Autorité pour la transparence, la prévention et la lutte contre la corruption (HATPLC), en présence du wali de la wilaya Larbi Bahloul et du recteur de l’université Omar Farhatit. L’édition de cette année porte un intitulé révélateur : « Évaluation des politiques de lutte contre la corruption sous le prisme des objectifs de développement durable — l’ODD 16 en modèle ». Le choix de cet angle n’est pas anodin. En ancrant le débat sur la corruption dans le cadre de l’ODD 16 — l’objectif onusien qui lie paix, justice et institutions efficaces —, l’Algérie s’inscrit dans un mouvement global qui refuse de traiter la corruption comme un simple problème de délinquance administrative. C’est une question de gouvernance, et donc de développement. C’est précisément ce que Salima Mousserati a voulu poser d’emblée. Pour la présidente de la Haute Autorité, la corruption n’est pas « un simple comportement déviant ou une infraction juridique passagère », mais « un phénomène complexe et une menace structurelle qui touche aux fondements de l’État moderne et en sape les piliers ». Ses effets, a-t-elle précisé, ne se limitent pas à la violation des règles : ils atteignent « la relation entre le citoyen et ses institutions, entraînant une érosion de la confiance, avec des répercussions graves sur la gouvernance et l’efficacité des politiques publiques ».

Le constat est sévère. Mais il s’accompagne d’une méthode. Mousserati a insisté sur la nécessité d’adopter « une stratégie nationale globale et intégrée, formant un cadre de référence unifié et une feuille de route claire, qui engage les différents acteurs publics et économiques ainsi que l’ensemble des composantes de la société à coordonner leurs efforts ». En clair : fini les initiatives dispersées, place à une architecture cohérente.

Ce colloque n’est pas une réunion ordinaire. Mousserati l’a présenté comme « une étape fondamentale pour formuler une vision d’avenir intégrée », en préambule à la préparation de la deuxième version de la Stratégie nationale pour la transparence. La première — dont ce rendez-vous est censé dresser le bilan — avait été lancée il y a plusieurs années. La prochaine devra, selon elle, reposer sur « des bases plus efficaces et innovantes », nourries par les conclusions des participants et par les expériences internationales comparées.

L’université, justement, est au cœur du dispositif. Le recteur de l’université d’El Oued l’a dit sans détour : « Évaluer les politiques de transparence aujourd’hui au sein de l’université est un indicateur positif du travail accompli et une préparation méthodique pour la deuxième phase. » C’est que la Haute Autorité a conclu une convention avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, visant à faire de la recherche académique « un levier essentiel au service des politiques publiques ». C’est dans cette même université qu’avait été organisé, en 2023, le premier colloque national de la Haute Autorité — un engagement tenu.

Autour de la table ou en visioconférence, des docteurs, experts internationaux, représentants de secteurs ministériels, d’institutions constitutionnelles et d’autorités locales civiles et militaires ont assisté à l’ouverture, aux côtés d’une large représentation universitaire — enseignants et étudiants confondus. Le signal est politique autant que scientifique : la lutte contre la corruption est un chantier collectif, pas l’affaire d’une seule institution.

Malik Meziane

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