Culture

L’Algérie revendique saint Augustin comme figure de son patrimoine : Un pont entre deux rives

Mercredi à Alger, la première édition des Rencontres afro-méditerranéennes de la pensée s’est ouverte au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal, placée sous le haut patronage du président de la République Abdelmadjid Tebboune. Trois jours de débats — jusqu’au 30 avril — pour rappeler une chose : Saint Augustin, le philosophe berbère du IVe siècle, né à Thagaste et formé à Madaure, deux villes de l’actuelle Algérie, appartient au patrimoine algérien. La ministre de la Culture Malika Bendouda l’a dit sans détour. Pour elle, saint Augustin est « un maillon important du patrimoine algérien millénaire dans sa dimension liée aux sciences et à la philosophie ». Sa première université, fondée à Madaure — l’actuelle M’Daourouch en wilaya de Souk Ahras — est « un maillon essentiel du patrimoine humain algérien ». Bendouda a ajouté qu’Augustin « était porteur d’un message de paix et d’amour, parti de la terre de ses ancêtres, l’Algérie africaine et méditerranéenne ».

La cérémonie d’ouverture s’est tenue en présence de la présidente de la Cour constitutionnelle Leïla Aslaoui, du conseiller présidentiel chargé des affaires diplomatiques Amar Abba, et de personnalités culturelles nationales et étrangères. Parmi elles, la présidente de l’association France-Algérie Ségolène Royal et la présidente de l’Institut du monde arabe à Paris Anne-Claire Le Gendre.

Royal a parlé d’Augustin sans s’embarrasser de précautions : « Sa pensée philosophique remonte à des périodes très anciennes, mais nous en avons besoin aujourd’hui plus que jamais. » Elle a aussi souligné que ces rencontres « s’adressent à l’ensemble du bassin méditerranéen » et que les échanges intellectuels et culturels de haut niveau sont « le socle fondamental du rapprochement et du renforcement des liens d’amitié ».

Le Gendre a insisté sur la figure d’un Augustin « penseur appartenant aux deux rives », annonçant que l’Institut du monde arabe entend « mettre en lumière toute la richesse culturelle algérienne » dans les mois à venir. Ces rencontres visent à faire de l’Algérie « un trait d’union naturel et civilisationnel entre le continent africain et l’espace méditerranéen », selon les organisateurs. Augustin, penseur universel né sur cette terre, en est le symbole.

Hocine Fadheli

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *