Économie

OPEP+ : Une hausse limitée de la production dans un marché qui cherche son équilibre

L’annonce est tombée dimanche. Sept pays du groupe OPEP+, dont l’Algérie, ont convenu d’une augmentation collective de production pétrolière de 188.000 barils par jour pour le mois de juin 2026. Le ministre d’État chargé des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a participé par visioconférence à la réunion de coordination du groupe des signataires de la Déclaration de coopération (DoC), aux côtés des représentants de l’Arabie saoudite, de l’Irak, du Kazakhstan, du Koweït, d’Oman et de la Russie. Pour l’Algérie, la hausse est de 6.000 barils par jour. Sa part dans la production mondiale atteindra ainsi 989.000 barils/jour en juin, selon les données publiées sur le site officiel de l’Organisation.

La réunion a été marqué par la participation pour l’Algérie, outre Mohamed Arkab, du président de l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT), Samir Bekhti, ainsi que des cadres du secteur. Les débats ont porté sur une «évaluation approfondie et constructive des perspectives du marché pétrolier international à court terme». Le communiqué du ministère des Hydrocarbures souligne que les sept pays ont réitéré «leur attachement à poursuivre la concertation étroite et continue, ainsi que leur détermination à agir de manière responsable, coordonnée, et proactive, à même de soutenir l’évolution positive du marché pétrolier international et de maintenir sa stabilité». Une déclaration qui réaffirme les engagements de l’alliance et sa disposition à maintenir son rôle de stabilisation du marché, au lendemain du retrait des Émirats arabes unis de l’Opep.

Le ralentissement récent de la consommation, attribué «en partie à des facteurs saisonniers», devrait selon eux «progressivement laisser place à une amélioration de la consommation pétrolière, portée par des fondamentaux globaux solides». Dans un contexte mondial «orienté vers une stabilisation progressive», les ministres ont relevé «des indicateurs encourageants de reprise, soutenus par une dynamique de demande appelée à se renforcer davantage dans les semaines à venir».

Notons que ces augmentations entrent dans le cadre de la réintroduction sur le marché progression de volumes retirés dans le cadre de coupes volontaires hors quotas, décidées en avril 2023 par les sept pays concernés. Ces derniers «ont décidé de mettre en œuvre un ajustement de production de 188.000 barils par jour à partir des ajustements volontaires additionnels annoncés en avril 2023», applicable dès juin 2026, souligne l’Opep dans son communiqué. Mais l’organisation prend soin d’encadrer cette hausse d’une clause de réversibilité explicite : «Les ajustements volontaires additionnels annoncés en avril 2023 pourront être restitués en partie ou en totalité en fonction de l’évolution des conditions du marché et de manière progressive.» En clair, le robinet peut se refermer.

Plus encore, les sept pays «réaffirment l’importance d’adopter une approche prudente et de conserver une pleine flexibilité pour augmenter, suspendre ou inverser l’élimination progressive des ajustements volontaires de production, y compris en revenant sur les ajustements volontaires précédemment mis en œuvre annoncés en novembre 2023».

Le communiqué ne parle pas que de volumes. Il aborde un sujet sensible dans les réunions de l’OPEP+ depuis plus d’un an : le respect des quotas. Les sept pays ont confirmé «leur intention de compenser intégralement tout volume surproduit depuis janvier 2024».

Cette précision n’est pas anodine. Certains membres du groupe ont régulièrement dépassé leurs plafonds, ce qui érode la crédibilité collective des décisions prises. La mesure d’ajustement adoptée dimanche est présentée, entre autres, comme «une opportunité pour les pays participants d’accélérer leur compensation». Le Comité ministériel conjoint de suivi (JMMC) sera chargé de veiller à l’application.

Les sept pays se retrouveront le 7 juin prochain pour leur prochaine réunion mensuelle. Le calendrier est serré, la surveillance l’est tout autant. Le groupe maintient ses outils de surveillance et se ménage la possibilité de revenir en arrière si les prix chutent ou si la demande déçoit.

Samira Ghrib

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