15e édition du Festival culturel international de musique symphonique : Une clôture en beauté
L’Opéra d’Alger « Boualam Bessaïeh » a rendu sa dernière note jeudi soir. Devant une salle comble, l’Orchestre symphonique arabe a tiré le rideau sur la quinzième édition du Festival culturel international de musique symphonique, offrant au public algérois une soirée où se sont croisés quatre pays, plusieurs générations de musiciens et un répertoire qui allait de Dvořák au malouf.
L’orchestre, composé de musiciens venus d’Algérie, de Tunisie, d’Égypte et de Syrie, a ouvert la cérémonie de clôture avec des pages du répertoire occidental. Une pièce de l’Autrichien Franz von Suppé d’abord, sous la baguette du maestro Lotfi Saïdi. Puis un extrait signé Georges Bizet, interprété par la soprano égyptienne Dina Iskandar, dirigée par son compatriote le maestro Nayer Nagui. La soirée a également fait place à des œuvres d’Antonín Dvořák, sous la direction du Syrien Missak Baghboudarian, et d’Emmerich Kálmán, conduit par le Tunisien Hafedh Makni.
Mais c’est sur le terrain de la musique arabe que l’orchestre a véritablement trouvé son élan. Accompagné d’un chœur algéro-tunisien, il a enchaîné le mowashah andalou « Lamma badâ yatathannâ », puis « Ya ward ‘ala full wa yasmin » du maître égyptien Sayed Darwish. Le maestro Hafez Magni a ensuite dirigé un bouquet de chansons maghrébines, dont « Djari ya Hammouda » et l’incontournable « Ya Raye7 ». C’est le chanteur Abdelaziz Benzina qui a clos la soirée, avec une interprétation du malouf « Billah ya hamami » d’une sobre élégance.
Dina Iskandar, visiblement émue par l’accueil du public algérien, a confié sa fierté d’avoir participé à cette édition. La soprano a notamment chanté un air de l’opéra Aïda de Giuseppe Verdi, qu’elle présentait « pour la première fois en Algérie », précisant que cette œuvre possède « une grandeur et une majesté qui correspondent à la grandeur et à la majesté de l’Algérie ». Elle a ensuite interprété une chanson romantique de son compatriote Abou Bakr Khairat, intitulée « Nadhra wahda tus’idni ».
Le commissaire du festival, Abdelkader Bouazara, avait dressé peu avant la cérémonie un bilan de cette quinzième édition. Il a mis en avant la participation de « 21 pays, dont la République tchèque en tant qu’invité d’honneur », ainsi que deux choix éditoriaux forts : la célébration du quinzième anniversaire de la manifestation et l’hommage rendu au compositeur algérien disparu Noubli Fadel, « qui a laissé un patrimoine musical considérable, algérien et arabe ». Bouazara a également souligné l’accent mis cette année sur la formation, avec un encadrement des étudiants des conservatoires algérois par les musiciens étrangers invités.
Une semaine hommage à Warda Al-Jazaïria
La soirée s’est achevée sur plusieurs temps forts protocolaires : remise de distinctions à la famille de Noubli Fadel, aux artistes participants — Algériens, Tunisiens, Égyptiens et Syriens — ainsi qu’à des professeurs de musique. Une annonce a par ailleurs retenu l’attention : du 17 au 23 mai prochain, l’Opéra d’Alger accueillera une semaine dédiée à la mémoire de la regrettée Warda Al-Jazaïria, intitulée « Les Nuits de Warda Al-Jazaïria », avec la participation annoncée de « grandes voix du monde arabe ».
Cette quinzième édition, ouverte le 30 avril dernier, aura donc proposé huit soirées en neuf jours, avec des musiciens issus de 21 pays. Un format resserré, mais qui n’a pas empêché le festival de tenir ses engagements : mettre la musique symphonique à portée du public algérien tout en lui offrant le meilleur de la chanson arabe classique.
Mohand Seghir

