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Des succursales devraient ouvrir cette année au Niger et en Côte d’Ivoire : L’Algérie étend son réseau bancaire africain

Après la Mauritanie, le Sénégal, l’Algérie prépare son implantation bancaire au Niger et Côte d’Ivoire.

Une demande d’agrément déposée il y a à peine une dizaine de jours auprès des autorités monétaires nigériennes, une ouverture attendue d’ici la fin 2026 ou au tout début 2027, et dans la foulée, une succursale en Côte d’Ivoire. Le réseau bancaire algérien en Afrique change de dimension. Les banques algériennes qui ont ouvert des succursales au Sénégal et en Mauritanie, préparent la mise en place d’un réseau bancaire régional, pensé pour accompagner l’expansion algérienne sur le continent africain. L’annonce a été faite dimanche à Alger par Abdelhafid Haned, directeur général de l’ABS (Algerian Bank of Senegal), en marge de la 12e édition du Forum de l’investissement et du commerce organisé par le Centre arabo-africain pour l’investissement et le développement (CAAID). L’ABS existe depuis fin 2023. Capitalisée à hauteur de 100 millions de dollars, elle est portée par un consortium de quatre banques publiques algériennes : la Banque nationale d’Algérie (BNA, 40 % du capital), le Crédit populaire algérien (CPA, 20 %), la Banque extérieure d’Algérie (BEA, 20 %) et la Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR, 20 %). Sa vocation première était d’accompagner les opérateurs algériens sur le marché sénégalais — financement, conseil, orientation sur le cadre juridique et réglementaire local, identification des secteurs les plus porteurs. En deux ans d’existence, elle a manifestement convaincu ses actionnaires d’accélérer.

Une banque pour accompagner le rapprochement avec Niamey

Le choix du Niger comme première extension n’est pas anodin. Haned l’a dit clairement : ce pays cumule deux atouts. D’abord, ses propres potentialités économiques. Ensuite, et surtout, un rapprochement politique et économique récent avec Alger, matérialisé par des accords signés entre les deux pays impliquant Sonatrach, Sonelgaz et Algérie Télécom. Des contrats dans l’énergie, les télécommunications, les infrastructures — des secteurs qui ont besoin d’outils financiers adaptés pour fonctionner. « La future succursale au Niger constituera une nouvelle valeur ajoutée et une étape importante pour l’ABS sur le continent », a déclaré Haned, ajoutant que l’ouverture des deux nouvelles succursales permettra de transformer la banque en « pôle bancaire régional » en Afrique de l’Ouest.

La logique est limpide. Quand Sonatrach ou Algérie Télécom signent un contrat à Niamey, leurs sous-traitants, leurs partenaires locaux et leurs équipes ont besoin de services bancaires. Passer par des banques étrangères revient à financer des réseaux concurrents, à perdre de l’information sur les flux, à subir des délais et des frais de correspondance. Avoir une banque algérienne sur place change l’équation. C’est moins une décision financière qu’une décision stratégique.

Cette dynamique n’est pas isolée. La Banque algérienne en Mauritanie, l’Algerian Union Bank (AUB), suit une trajectoire parallèle. Son directeur exécutif, Aboubacar Diallo, présent au même forum, a rappelé que trois agences sont désormais ouvertes en Mauritanie et que les échanges commerciaux bilatéraux algéro-mauritaniens ont atteint quelque 500 millions de dollars l’an dernier. C’est un chiffre qui mérite d’être retenu : il illustre ce que peut générer une relation économique structurée entre voisins quand elle s’appuie sur des instruments financiers dédiés.

Samira Ghrib

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