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Constantine : La diaspora au cœur de la Caravane de la Mémoire

La wilaya de Constantine a accueilli, ce mercredi, une délégation composée de 56 jeunes Algériens résidant à l’étranger, dans le cadre de la 4ᵉ édition de la « Caravane de la Mémoire Nationale », une initiative destinée à renforcer les liens entre la jeunesse de la diaspora et son pays d’origine. La cérémonie de réception s’est déroulée à l’hôtel El Hussein, dans la nouvelle ville Ali Mendjeli, sous la présidence du wali Abdelkhalek Sayouda, en présence des autorités civiles et sécuritaires locales, ainsi que des responsables du secteur de la jeunesse et des sports. Cette caravane nationale, organisée par le ministère de la Jeunesse en coordination avec le Conseil supérieur de la Jeunesse et la Grande Mosquée de Paris, a réuni des jeunes âgés de 18 à 30 ans autour d’un itinéraire traversant sept wilayas, à savoir Alger, Béjaïa, Constantine, Guelma, Sétif, Tlemcen et Oran. Le programme, lancé le 8 mai et qui se poursuivra jusqu’au 20 du même mois, coïncide symboliquement avec les commémorations des massacres du 8 Mai 1945, épisode fondateur de la conscience nationale algérienne. Dans une déclaration à la presse, le représentant du ministère de la Jeunesse, Hamza Khalif, a expliqué que cette manifestation s’inscrit dans le programme d’action 2026 du ministère, notamment dans son volet consacré à la préservation de la mémoire nationale et à la consolidation des valeurs citoyennes chez les jeunes. Elle s’inscrit également dans le cadre du programme du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à « consolider l’attachement des enfants de la communauté nationale établie à l’étranger à leur pays d’origine, à perpétuer le devoir de fidélité envers les sacrifices des martyrs et à préserver la mémoire nationale auprès des nouvelles générations ». Au-delà d’une simple visite culturelle, cette caravane ambitionne de transmettre aux jeunes générations de la diaspora l’héritage historique de l’Algérie, les sacrifices consentis pour l’indépendance ainsi que les valeurs de solidarité, de souveraineté et d’appartenance nationale héritées de la Révolution de Novembre. Dans un contexte marqué par l’éloignement géographique et culturel des nouvelles générations nées à l’étranger, la question de la mémoire nationale revêt aujourd’hui une importance particulière. Pour les institutions algériennes, il ne s’agit plus uniquement de commémorer l’histoire, mais de la faire vivre auprès d’une jeunesse souvent partagée entre plusieurs cultures et réalités sociales. À Constantine, ville symbole du savoir, de la résistance et de l’authenticité, le programme proposé conjugue mémoire historique et immersion patrimoniale. Les jeunes participants ont visité notamment le site historique d’Oued Boukarkar, dans la commune de Zighoud Youcef, théâtre d’affrontements majeurs durant la guerre de Libération et lieu où tomba en martyr le héros Didouche Mourad. Le circuit comprend également plusieurs monuments emblématiques de la capitale de l’Est, dont la mosquée Émir Abdelkader, le palais du Bey Ahmed, le musée Cirta, le Théâtre régional ainsi que le musée du Moudjahid, autant d’espaces où se croisent mémoire révolutionnaire, patrimoine civilisationnel et identité nationale. Le volet touristique et culturel occupe également une place importante dans cette initiative, avec des visites prévues aux jardins Bardo et Soussa, aux célèbres ponts suspendus de la ville du Rummel, ainsi que des soirées artistiques et des expositions mettant en valeur les traditions constantinoises et le patrimoine du sud algérien.

Mais l’un des aspects les plus marquants de cette caravane demeure les échanges humains et intergénérationnels qu’elle suscite. À travers des ateliers de création de contenu numérique, des rencontres avec des acteurs de la mémoire nationale et des moments de partage, les jeunes de la diaspora sont invités à devenir eux-mêmes des relais de cette mémoire auprès des communautés algériennes établies à l’étranger. Plusieurs participants venus de France ont exprimé leur émotion et leur fierté de découvrir des lieux longtemps évoqués par leurs parents ou grands-parents. Ils ont grandi avec les récits de la Révolution et des sacrifices du peuple algérien, mais voir ces lieux de leurs propres yeux donne une toute autre dimension à cette histoire. Cette expérience leur permettra à leur tour de transmettre cette mémoire aux jeunes générations vivant à l’étranger. Dans une ambiance empreinte de convivialité et de patriotisme, des fleurs et des écharpes aux couleurs nationales ont été offertes aux membres de la délégation, avant une séance photo et un déjeuner organisés en leur honneur. À travers cette « Caravane de la Mémoire Nationale », l’Algérie cherche à bâtir un pont durable entre son histoire et sa jeunesse établie à l’étranger. Car préserver la mémoire nationale ne consiste pas uniquement à honorer le passé, mais aussi à transmettre aux nouvelles générations les repères identitaires capables de maintenir vivant le lien avec la patrie, malgré la distance et les frontières.

S. Chahine

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