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Constantine : La stabilité juridique comme moteur de développement économique

Magistrats, avocats, universitaires et acteurs économiques se sont réunis mercredi à Aïn Smara, lors d’une journée d’étude organisée par la cour de justice de Constantine, pour débattre du rôle de la sécurité juridique dans l’amélioration du climat des affaires en Algérie. Une thématique devenue centrale dans un contexte de réformes économiques, où la stabilité du cadre législatif et réglementaire s’impose comme condition première pour attirer l’investissement productif.

La question de la sécurité juridique s’impose désormais comme l’un des principaux enjeux de la relance économique en Algérie. C’est autour de cette problématique que la cour de justice de Constantine a organisé, mercredi, une journée d’étude au Club des avocats d’Aïn Smara, en partenariat avec l’Organisation des avocats et en coordination avec le Conseil du Renouveau Économique Algérien (CREA). Placée sous le thème « La sécurité juridique et son impact sur le développement économique », cette rencontre a réuni magistrats, avocats, responsables administratifs, universitaires, parlementaires ainsi que plusieurs acteurs économiques, en présence du wali Abdelkhalek Sayouda. Au cœur des échanges : la nécessité de bâtir un environnement juridique stable, transparent et prévisible, capable de rassurer les investisseurs et de soutenir la dynamique économique engagée à travers le pays. Les intervenants ont unanimement insisté sur le fait que la sécurité juridique constitue aujourd’hui un levier stratégique pour attirer les investissements nationaux et étrangers, dans un contexte où la concurrence économique se joue autant sur les garanties institutionnelles que sur les opportunités financières. Car pour les opérateurs économiques, investir implique avant tout de pouvoir se projeter dans la durée. Des textes instables, des procédures floues ou des interprétations contradictoires de la loi représentent autant de freins susceptibles de décourager les initiatives économiques et les projets créateurs de richesse et d’emplois.

Les participants ont rappelé que le principe de sécurité juridique, consacré par la Constitution de 2020, vise précisément à renforcer la confiance dans les institutions, à stabiliser les relations contractuelles et à garantir une meilleure lisibilité du cadre législatif et réglementaire.

Dans son allocution d’ouverture, le wali Abdelkhalek Sayouda a souligné que cette réflexion intervient dans un contexte marqué par de profondes mutations économiques et administratives. Selon lui, les réformes engagées par le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, traduisent une orientation vers un État facilitateur et accompagnateur de l’investissement, fondé sur la protection constitutionnelle de la liberté d’entreprendre, d’investir et de commercer. Le chef de l’exécutif a également insisté sur la nécessité de trouver un équilibre entre protection des deniers publics, efficacité administrative et encouragement de l’initiative économique, estimant que la sécurité juridique demeure l’un des piliers essentiels pour bâtir une économie compétitive et attractive. Les débats ont aussi mis en lumière une préoccupation récurrente dans les milieux administratifs et économiques : la distinction entre faute de gestion involontaire et actes de corruption. Plusieurs intervenants ont plaidé pour une clarification plus nette, afin de protéger les gestionnaires publics contre les amalgames susceptibles de freiner la prise d’initiative et de ralentir les décisions administratives. Selon eux, cette distinction est devenue indispensable pour libérer les capacités de gestion, favoriser l’audace économique et éviter une paralysie administrative préjudiciable au développement local. Ils ont toutefois souligné que cette approche ne devait en aucun cas affaiblir les mécanismes de contrôle ni les dispositifs de lutte contre la corruption et de protection des fonds publics. Cette rencontre intervient alors que l’Algérie multiplie les mesures destinées à améliorer son climat des affaires, notamment à travers la simplification des procédures administratives, la numérisation des services publics, la création de nouvelles instances d’accompagnement des investisseurs et la révision de plusieurs textes liés à l’investissement et au foncier économique. Dans ce contexte, juristes et économistes s’accordent à considérer que la sécurité juridique ne relève plus uniquement du domaine judiciaire, mais constitue désormais un facteur déterminant de compétitivité économique et de confiance institutionnelle. Avec cette journée d’étude, Constantine aura surtout rappelé qu’aucune stratégie de développement ne peut prospérer sans un cadre juridique clair, stable et rassurant. Car au-delà des chiffres et des projets, la véritable attractivité économique d’un pays se construit d’abord sur la confiance que ses institutions inspirent aux investisseurs, aux gestionnaires et aux citoyens.

Sofia Chahine

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