Industrie pharmaceutique : Alger et Budapest explorent les voies d’un partenariat scientifique
Le ministre algérien de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a reçu dimanche à Alger l’ambassadeur de Hongrie, Gabor Levente Szarka, pour examiner les perspectives d’une coopération bilatérale élargie dans le secteur du médicament, avec un accent particulier sur la recherche scientifique, le développement et les essais cliniques. La rencontre, tenue au siège du ministère, intervient dans un contexte où l’Algérie cherche à accélérer la montée en gamme de son industrie pharmaceutique nationale, en s’appuyant sur des partenariats ciblés avec des pays disposant d’une expertise avancée dans ce domaine. Budapest a investi massivement, au cours de la dernière décennie, dans les infrastructures de recherche clinique et de biotechnologie, au point de s’imposer comme l’un des pôles pharmaceutiques les plus actifs d’Europe centrale. Ses universités de médecine, ses centres hospitaliers universitaires et plusieurs groupes industriels hongrois entretiennent des relations étroites avec les grandes firmes mondiales du médicament pour la conduite d’essais cliniques. C’est précisément sur ce terrain que les deux parties ont choisi de concentrer leurs échanges : selon le communiqué du ministère, la réunion a mis en avant « les domaines de la recherche scientifique et des essais cliniques qui connaissent un développement notable en Hongrie », identifiés comme des axes prioritaires pour un éventuel transfert de compétences vers l’Algérie.
Pour Alger, l’enjeu est de taille. L’industrie pharmaceutique nationale a enregistré des progrès substantiels ces dernières années — le pays produit désormais une part croissante de sa consommation en médicaments génériques et a multiplié les unités de fabrication sur son territoire — mais la chaîne de valeur reste incomplète. La recherche et développement, les essais cliniques et la production de médicaments innovants constituent encore des maillons faibles. Le ministère de l’Industrie pharmaceutique, créé en 2020 pour donner une impulsion spécifique à ce secteur jugé stratégique, a depuis lors multiplié les démarches pour attirer des investissements étrangers qualifiés et nouer des partenariats permettant d’aller au-delà de la simple fabrication sous licence. La rencontre de dimanche s’inscrit dans cette logique.
Les deux parties ont également abordé « les perspectives d’échange d’expertises et de connaissances techniques en vue de soutenir et de développer la production pharmaceutique en Algérie, et de renforcer les capacités sanitaires nationales », précise le communiqué ministériel. Sur le plan des relations économiques, les deux parties ont souligné « l’importance d’encourager les échanges et d’établir des relations de coopération entre les opérateurs économiques algériens et leurs homologues hongrois, à même d’ouvrir de nouvelles perspectives d’investissement et de partenariat ».
Malik Meziane

