Économie

Port d’Annaba : Une nouvelle zone portuaire de dédouanement

Le port d’Annaba vient de mettre en service une zone de dédouanement extérieure de 2,4 hectares, capable de traiter 3 000 conteneurs. Un équipement qui répond à une saturation chronique des terre-pleins du port commercial et qui change concrètement les conditions de travail des opérateurs économiques de la région.

La zone, baptisée « El Mellaḥa », a été ouverte par l’Entreprise portuaire d’Annaba en coordination avec les services des douanes, conformément aux instructions du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, et aux orientations opérationnelles du groupe de services portuaires Serport. Elle constitue, selon le communiqué de l’établissement portuaire, « une extension géographique du port d’Annaba » placée sous contrôle douanier.

3 000 conteneurs et un scanner capable de traiter 150 camions à l’heure

Les chiffres de capacité donnent une idée de l’enjeu. La zone peut accueillir jusqu’à 3 000 conteneurs standards, ce qui représente un apport significatif pour un port commercial dont les espaces de stockage atteignent régulièrement leurs limites. Le communiqué indique que cette ouverture contribuera « progressivement à réduire la pression sur le port commercial et à améliorer la fluidité du trafic de marchandises, tout en libérant des espaces et en optimisant l’exploitation des installations portuaires. »

L’infrastructure technique déployée sur le site mérite qu’on s’y arrête. Un scanner à rayons X peut traiter 25 camions par heure en mode mobile et 150 camions par heure en mode statique — une cadence qui place cet équipement dans la catégorie des installations les plus rapides du pays. À cela s’ajoutent 24 prises électriques dédiées aux conteneurs réfrigérés, un système de vidéosurveillance et un dispositif de lutte contre l’incendie. La zone fonctionnera en continu, 24 heures sur 24, sept jours sur sept.

Plusieurs administrations sont déjà installées sur place : l’inspection de répression des fraudes, les services de santé végétale et les services vétérinaires de la wilaya d’Annaba. Les transitaires et autres intervenants de la chaîne logistique disposent ainsi de guichets regroupés sur site, ce qui évite les allers-retours entre le port et les administrations de la ville.

Une étape avant l’extension

L’établissement portuaire annonce que des travaux d’extension sont prévus. Leur réalisation « doublera la capacité d’accueil » de la zone et en fera, selon le communiqué, « une infrastructure logistique à forte valeur ajoutée, de nature à accroître les capacités de traitement et de stockage, et à améliorer les conditions d’accueil et de traitement des marchandises au port d’Annaba. »

La mise en service de la zone El Mellaḥa s’inscrit dans un mouvement plus large de modernisation des ports algériens, engagé depuis plusieurs mois sous l’impulsion du ministère de l’Intérieur et des Transports. Annaba, deuxième port commercial du pays, traitait jusqu’ici l’essentiel de son trafic conteneurs dans l’enceinte même du port, sans espace de débordement organisé sous contrôle douanier. Cette contrainte pénalisait la fluidité des opérations et rallongeait les délais de dédouanement. La nouvelle zone vient directement corriger ce déficit. Notons que le Port d’Annaba s’étend sur 130 hectares avec 3 680 mètres linéaires de quais et 22 postes commerciaux. Il dispose de capacités de stockage (notamment la nouvelle zone sous douane « El Mellaha » pouvant accueillir 3 000 EVP) et d’une importante infrastructure dédiée aux minerais, aux hydrocarbures et au trafic voyageurs.

Sabrina Aziouez

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