Trump menace d’attaquer de nouveau l’Iran : La tension monte au Moyen-Orient
Le président américain Donald Trump a annoncé mercredi que les États-Unis allaient attaquer l’Iran « très durement », accusant Téhéran de mener Washington « en bateau » dans les négociations, tandis que le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres mettait en garde contre le risque d’un retour à une « guerre totale » au Moyen-Orient, après une nouvelle escalade militaire dans le Golfe qui a fait plusieurs victimes civiles.
Le président américain Donald Trump continue de souffler le chaud et le froid, et s’illustre par une communication marquée par les contradictions et les voltefaces. Depuis le Bureau ovale, Donald Trump a déclaré à la presse : « On va les attaquer, les attaquer très durement ». Le président américain a ajouté que son pays était « vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n’arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se moquent de nous ». Plus tôt dans la journée, à la veille du coup d’envoi d’une Coupe du monde de football où la sélection iranienne jouera sur le sol américain, Trump avait accusé l’Iran d’avoir « mis trop de temps » à négocier un accord, ce dont il devra « payer le prix ». Mardi pourtant, il avait annoncé un « très très bon accord » à venir sous « deux à trois jours », avant que de nouveaux échanges de tirs n’éclatent tôt mercredi. Le ministère iranien des Affaires étrangères a réagi en dénonçant les « violations répétées du cessez-le-feu » conclu le 8 avril de la part des États-Unis. « La diplomatie est mise à mal par le recours à la force », a déclaré le ministère. Le porte-parole Esmaeil Baghaei a précisé que la poursuite des négociations sera examinée en fonction des récents développements, évoquant les bombardements américains. « Le processus diplomatique ne se déroule pas dans le vide et, pour le faire avancer, un minimum d’espace est nécessaire pour mener le travail à bien », a-t-il déclaré selon l’agence de presse IRNA.
L’Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction lundi d’un hélicoptère américain attribuée à Téhéran. Au Koweït, l’armée a affirmé faire face à « des cibles aériennes hostiles » sans préciser leur provenance. Les autorités à Bahreïn ont dit avoir intercepté plusieurs attaques, tandis que l’armée jordanienne a assuré avoir détruit cinq missiles qui ciblaient la localité d’Azraq, où se situe une base américaine.
Les frappes américaines ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l’île de Qeshm, sur la côte sud de l’Iran. Deux réservoirs ont été détruits, privant 20.000 habitants d’eau potable, selon la télévision publique iranienne. Des détonations ont été entendues mercredi matin sur l’île de Qeshm, rapporte l’agence de presse iranienne Mehr, qui cite des sources locales.
Dans le golfe d’Oman, les États-Unis ont annoncé avoir mis hors service le pétrolier Settebello qui tentait de briser leur blocus des ports iraniens. Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a affirmé dans un message publié sur X que l’avion a tiré sur « la salle des machines » du navire, qui bat pavillon des Palaos, « après que l’équipage a refusé d’obtempérer aux ordres des forces américaines ». Le gouvernement indien a annoncé mercredi que trois marins indiens étaient portés disparus et que 21 autres avaient été secourus après l’attaque de ce navire commercial au large d’Oman. La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard avait indiqué que le Settebello avait « transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile ». Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a déploré « l’escalade des attaques et de la rhétorique ces dernières 48 heures ». Lors d’une réunion du Conseil de sécurité, il a déclaré : « Dans la région du Golfe, le cessez-le-feu est plutôt un feu amoindri, comme nous l’avons vu avec l’escalade des attaques et de la rhétorique au cours des dernières quarante-huit heures. Et nous ne devons pas minimiser les risques que ce feu amoindri devienne total, en d’autres termes, une guerre totale ». Malgré ces tensions, des négociateurs du Qatar, pays figurant parmi les médiateurs entre Washington et Téhéran, se sont rendus mercredi dans la capitale iranienne, a indiqué à l’AFP un diplomate au fait des discussions. La Chine s’est également exprimée sur la situation. « La Chine est profondément préoccupée par la situation actuelle en Iran », a déclaré Lin Jian, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. « Les parties concernées doivent faire preuve de calme et de retenue, cesser d’intensifier le conflit et prendre des mesures concrètes pour apaiser les tensions », a-t-il poursuivi, ajoutant que Pékin souhaitait « au plus vite un cessez-le-feu global et durable ». Sur le dossier nucléaire, un des principaux points de discorde entre Téhéran et Washington, le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a approuvé à Vienne une résolution sommant l’Iran de fournir « la totalité de ses informations » sur « l’inventaire de ses matières nucléaires ». Le représentant permanent de l’Iran auprès des Nations-Unies à Vienne a réagi auprès de l’AFP en qualifiant l’adoption du texte de « contre-productive dans le contexte actuel » et estimant qu’elle « complique davantage encore une situation déjà volatile ».
L’Iran et l’entité sioniste avaient mené des attaques réciproques dimanche et lundi, pour la première fois depuis l’entrée en vigueur du fragile cessez-le-feu entre Téhéran et Washington. Téhéran, qui avait frappé en premier en réponse à des bombardements israéliens sur Beyrouth, exige que le Liban, qui fait l’objet d’une agression israélienne depuis le 2 mars, soit inclus dans tout accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février par une attaque israélo-américaine contre l’Iran le 28 février 2026.
Au Liban, plus de 3.600 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre. Mercredi, l’ONU a annoncé l’envoi d’une mission dans le pays pour enquêter sur les violations des droits humains. Le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Volker Türk a déclaré avoir convenu avec le gouvernement libanais de mener « une mission d’évaluation impartiale et indépendante dans le pays » pour recueillir des informations concernant les violations présumées du droit international « commises par les parties au conflit armé depuis le 2 mars ».
Sur place, au moins 12 personnes ont été tuées mercredi dans des frappes israéliennes sur deux localités de la région de Tyr. Des frappes à Tayr Debba ont fait huit morts, et d’autres à Deir Qanoun Al-Nahr ont tué quatre personnes, selon une source médicale. L’Agence nationale officielle d’informations a rapporté plusieurs frappes israéliennes sur ces deux localités, tandis que l’entité sioniste poursuit ses raids aériens dans plusieurs régions du sud du Liban.
Lyes Saïdi

