Législatives du 2 juillet : Le financement de la campagne électorale sous haute surveillance
Les experts saluent un verrou contre l’argent sale.
À moins de deux semaines des élections législatives du 2 juillet, le contrôle du financement des campagnes s’impose comme l’un des chantiers les plus déterminants pour garantir la transparence du scrutin, des experts en droit et en sciences politiques estimant unanimement que ce dispositif constitue désormais un rempart efficace contre l’argent sale et un levier de moralisation de la vie publique, en droite ligne des orientations répétées du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en faveur de l’égalité des chances entre candidats.
Pour le professeur de droit constitutionnel Moussa Boudehane, l’Algérie franchit une étape inédite de son processus électoral grâce aux mécanismes introduits par la nouvelle loi organique relative au régime électoral. Il a estimé dans une déclaration à l’APS que ce texte traduit concrètement la volonté présidentielle d’instaurer la transparence dans la gestion des affaires publiques. « Ces principes ont été consacrés à travers plusieurs mécanismes constitutionnels, législatifs et réglementaires », a-t-il expliqué, soulignant que les nouvelles dispositions responsabilisent davantage le candidat et l’éloignent des sources de financement suspectes. La campagne électorale, a-t-il ajouté, demeure encadrée par un ensemble de règles juridiques et éthiques destinées à lutter contre la corruption, afin que le scrutin soit « réellement à la hauteur des aspirations des citoyens et permette l’émergence de parlementaires capables d’accomplir pleinement leurs missions dans le respect de la Constitution et des lois de la République ».
Une loi « rigoureuse » face à l’argent sale
De son côté, le professeur Rachid Lourari a insisté sur la fermeté du nouveau dispositif législatif, qu’il juge « rigoureux dans la détermination des sources de financement de la campagne électorale ». Ce texte « ferme la voie à toute forme d’argent sale susceptible d’influer sur le déroulement et les résultats du scrutin », a-t-il affirmé, citant l’instauration de sanctions graduées selon la gravité des infractions constatées. Pour cet universitaire, ce contrôle renforcé des sources de financement participe directement à la moralisation de la vie politique et à la réhabilitation de l’acte électoral, avec, à la clé, un effet escompté sur la participation des électeurs le jour du vote.
Le professeur de sciences politiques Abderrezak Saghour a quant à lui mis en avant le rôle du filtrage opéré par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), qui écarte les candidatures ne remplissant pas les conditions légales requises. Ce filtrage reflète, selon lui, « le sérieux des décisions prises par les hautes autorités du pays pour lutter contre tout ce qui est susceptible de porter atteinte à l’intégrité de ce rendez-vous important ». De telles mesures, a-t-il poursuivi, sont de nature à renforcer la confiance des citoyens et à les encourager à se rendre massivement aux urnes, tout en assurant aux candidats des chances équitables de mener leur campagne.
Pour la professeure de sociologie Souad Khouchi, convaincre l’électeur de se déplacer aux urnes suppose avant tout l’exemplarité du candidat. « Cela exige que le candidat soit doté d’intégrité et de crédibilité, ainsi que d’un niveau scientifique, culturel et moral qui en fasse un modèle pour l’environnement auquel il appartient », a-t-elle souligné, rappelant que le vote demeure « un pilier fondamental de la citoyenneté et une responsabilité envers la patrie ».
Rappelons dans ce contexte que l’ANIE a appelé l’ensemble des candidats à ouvrir un compte bancaire dédié à leur campagne et à transmettre les informations correspondantes à la commission de contrôle du financement des campagnes électorales, instance composée d’un représentant de l’Autorité ainsi que de magistrats de la Cour suprême, du Conseil d’État et de la Cour des comptes. L’Autorité électorale a également exigé des candidats qu’ils transmettent sans délai les reçus des dons reçus dans le cadre du financement de leur campagne, une mesure supplémentaire destinée à garantir la traçabilité complète des fonds engagés dans la course aux législatives.
Chokri Hafed
L’ANIE précise les modalités de vote
L’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a précisé, dimanche, les modalités de vote pour les élections des membres de l’Assemblée populaire nationale prévues le 2 juillet prochain. Dans un communiqué, l’instance a indiqué que l’électeur devra choisir « une seule liste » une fois entré dans l’isoloir, et voter en faveur d’un ou plusieurs candidats de cette liste, dans la limite du nombre de sièges attribués à la circonscription électorale ou, pour la circonscription de l’étranger, à la zone géographique concernée.
L’ANIE a précisé que le bulletin de vote serait « considéré comme nul » si le nombre de candidats cochés dépasse le nombre de sièges alloués à la circonscription. En revanche, un bulletin sur lequel l’électeur n’a exprimé aucun choix de candidat reste « valide » et sera comptabilisé en faveur de la liste sélectionnée.
R.N.

