Violences sionistes : La Palestine appelle à une action internationale « immédiate »
La Palestine a lancé dimanche un cri d’alarme face à la « politique officielle et systématique » de l’entité sioniste contre son peuple. Le ministère palestinien des Affaires étrangères a annoncé avoir adressé un mémorandum urgent aux gouvernements du monde entier, appelant à une action internationale « immédiate » afin de mettre un terme à l’escalade des attaques menées par les colons et les forces d’occupation israéliennes dans les territoires palestiniens occupés, y compris à Al Qods-Est. Selon le ministère, ce document a été transmis par l’intermédiaire des ambassades et des missions diplomatiques accréditées auprès de la Palestine, dans un contexte marqué par une intensification du « terrorisme de l’occupant ». Le ministère a par ailleurs indiqué avoir placé l’ensemble des missions diplomatiques palestiniennes en « état d’alerte maximale », tout en poursuivant ses contacts avec les gouvernements, les parlements et les organisations internationales au sujet des homicides quotidiens, des incendies de mosquées, de maisons et de biens, ainsi que des fermetures de routes reliant les villes et villages de Cisjordanie occupée. Ces agressions, insiste le ministère, ne relèvent pas d’incidents isolés mais s’inscrivent dans le cadre d’une « politique officielle et systématique d’Israël », qui offre aux colons une protection politique et militaire. Il a averti que la poursuite de l’impunité équivaut à un « feu vert » accordé aux forces d’occupation israéliennes et aux colons pour intensifier les attaques, étendre les colonies, déplacer de force les Palestiniens et poursuivre des projets d’annexion et de nettoyage ethnique.
Cet appel intervient au lendemain d’une nouvelle flambée de violence coloniale sur le terrain. Des colons sionistes ont incendié dimanche à l’aube une partie d’une mosquée dans le village de Kour, au sud de Tulkarem, les flammes ayant été allumées à l’intérieur même de l’édifice avant que des habitants n’interviennent pour éteindre l’incendie et empêcher sa propagation. Des slogans racistes ont également été inscrits sur les murs du lieu de culte. Il s’agit de la seconde attaque visant une mosquée en Cisjordanie occupée en l’espace de quelques heures seulement, après l’incendie d’une mosquée en construction à Qusra, au sud de Naplouse. Le ministère palestinien des Affaires religieuses a fermement condamné ce « crime odieux », y voyant une violation flagrante des normes et conventions internationales garantissant la liberté de culte, et a appelé les habitants à « rester particulièrement vigilants afin de protéger les mosquées ».
Cette même journée a été marquée par de nouvelles vagues d’arrestations. 58 Palestiniens, dont des femmes, un enfant et d’anciens prisonniers, ont été arrêtés dimanche par les forces d’occupation, principalement dans les gouvernorats de Naplouse, El Khalil, Tulkarem, Jénine et Tobas, selon le Bureau d’information des prisonniers palestiniens. Ces campagnes d’arrestations quotidiennes, accompagnées de perquisitions et de dégradations de domiciles, portent désormais à plus de 9.500 le nombre de Palestiniens détenus dans les prisons de l’entité sioniste, parmi lesquels 99 femmes, 42 journalistes et plus de 360 enfants.
A Ghaza, le bilan de l’agression génocidaire sioniste continue lui aussi de s’alourdir, avec 73.326 martyrs et 173.997 blessés recensés depuis le 7 octobre 2023, selon les autorités sanitaires palestiniennes, qui font état de neuf nouveaux martyrs et 36 blessés transférés vers les hôpitaux au cours des dernières 24 heures, alors que de nombreuses victimes se trouvent encore sous les décombres. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre dernier, 1.200 Palestiniens sont tombés en martyrs et 3.888 autres ont été blessés. Ce drame humanitaire s’accompagne d’une crise sanitaire grandissante, avec une épidémie de varicelle touchant environ 9.300 personnes en deux semaines dans les camps de déplacés, sur fond de promiscuité extrême et de pénurie d’eau potable affectant les 1,7 million de personnes réfugiées dans plus de 1.600 sites à travers l’enclave.
Face à cette situation, plusieurs capitales ont exprimé leur indignation. Le gouvernement espagnol a fermement condamné les violences commises par les colons en Cisjordanie occupée, dénonçant des attaques répétées perpétrées « en toute impunité » et appelant l’entité sioniste à mettre fin à sa politique d’expansion des colonies, tout en réaffirmant son engagement en faveur de la solution à deux Etats.
Lyes S.

