Ghaza : Netanyahu ferme la porte à la paix, Hamas exige une intervention américaine
Le Premier ministre de l’entité sioniste, Benjamin Netanyahu, a rejeté dimanche la feuille de route américaine en 15 points destinée à ouvrir la seconde phase du plan de paix pour Ghaza, excluant tout retrait de son armée tant que le mouvement de résistance palestinien Hamas ne sera pas « véritablement désarmé », une position qui confirme, une nouvelle fois, la radicalité idéologique d’un gouvernement dont l’agenda demeure indexé sur le mythe expansionniste du « Grand Israël ». Réuni en conseil des ministres, le chef du gouvernement israélien a signifié le rejet pur et simple du document présenté fin juillet par le « Conseil de paix » de Donald Trump, censé acter le désarmement du Hamas et de l’ensemble des factions armées ainsi que le retrait des forces d’occupation du territoire palestinien. Netanyahu a précisé que ce désarmement devait porter sur « toutes les armes, lourdes comme légères », excluant toute démarche symbolique, avant d’affirmer que son armée continuerait de « riposter » à ce qu’il qualifie de menaces, à l’image, selon lui, des opérations menées à Rafah, sur l’axe Philadelphie, ainsi qu’au Liban et en Iran.
Plus grave encore pour l’avenir du processus politique, le chef de l’exécutif sioniste a réaffirmé qu’aucun État palestinien ne verrait le jour, ni à Ghaza ni en Cisjordanie occupée, tant qu’il resterait au pouvoir, employant des formules méprisantes pour disqualifier par avance toute entité palestinienne souveraine. Une déclaration qui ne relève pas d’un simple calcul de politique intérieure, mais qui s’inscrit dans la continuité d’un projet colonial assumé, celui du « Grand Israël », dont les artisans de l’extrême droite au pouvoir à Tel-Aviv ne font plus mystère, entre annexion rampante de la Cisjordanie, multiplication des colonies et refus catégorique de toute solution à deux États.
Face à cette intransigeance, le Hamas a exhorté Washington à exercer une pression réelle sur Netanyahu et son gouvernement afin qu’ils honorent la feuille de route et cessent d’entraver le processus pour des considérations électoralistes. Un responsable du mouvement a affirmé attendre des médiateurs et du garant américain qu’ils imposent le respect des engagements pris, rappelant que ce blocage systématique intervient à peine dix jours après que le président américain eut pourtant salué un « accord historique » à l’issue de la visite de Netanyahu à la Maison Blanche.
Sur le terrain, le prix humain de cette guerre d’anéantissement continue de s’alourdir. Le bilan de l’agression génocidaire sioniste contre la bande de Ghaza s’établit désormais à 73 386 martyrs et 174 250 blessés, en majorité des femmes et des enfants, depuis le 7 octobre 2023, selon les autorités sanitaires palestiniennes. Rien que depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 11 octobre dernier, 1 258 Palestiniens ont péri et 4 139 autres ont été blessés, tandis que les corps de 807 martyrs ont pu être récupérés sous les décombres.
L’ampleur du désastre se mesure aussi à l’impossibilité, pour des familles entières, de donner une sépulture digne à leurs morts. À Ghaza-ville, les restes de 112 membres des familles Abou Sharia et Al-Hasayna, victimes d’un bombardement israélien perpétré le 22 novembre 2023 sur le quartier de Sabra, n’ont pu être inhumés que le 4 août dernier, lors de l’une des plus grandes funérailles collectives de l’histoire palestinienne. Sur 153 corps ensevelis sous les gravats, seuls 112 ont pu être exhumés par la défense civile, une quarantaine de dépouilles demeurant introuvables, probablement décomposées ou consumées sous l’effet des bombardements.
Ces témoignages illustrent, s’il en était besoin, l’ampleur du crime commis contre le peuple palestinien et l’urgence d’une pression internationale accrue pour contraindre l’entité sioniste à mettre fin à son entreprise de destruction et de colonisation, et permettre enfin au peuple palestinien d’exercer son droit inaliénable à l’autodétermination et à un État indépendant avec Al-Qods pour capitale.
Lyes S.

