Culture

Sid Ahmed Agoumi repose désormais à El Kettar : Le dernier adieu à un géant du cinéma algérien

Alger a dit adieu mardi après-midi à l’un de ses plus grands enfants. Ahmed Meziane, que le public connaissait et aimait sous son nom de scène Sid Ahmed Agoumi, a été inhumé au cimetière d’El Kettar, dans une atmosphère chargée d’émotion où se mêlaient responsables de l’État, figures de la culture nationale et une foule d’admirateurs venus rendre un dernier hommage à celui qui a marqué des décennies de cinéma, de théâtre et de télévision algériens.

La cérémonie avait débuté plus tôt au Palais de la culture Moufdi-Zakaria, où la dépouille du défunt, enveloppée de l’emblème national, avait été exposée au recueillement. On notait la présence du conseiller à la présidence de la République chargé de la Direction générale de la communication, Kamel Sidi Said, ainsi que du conseiller chargé des Affaires diplomatiques, Amar Abba. La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, le ministre de la Communication, Mohamed Bouslimani, et le ministre-wali d’Alger, Mohamed Abdenour Rabehi, avaient eux aussi tenu à être là, entourés de nombreux artistes et responsables d’institutions culturelles venus du théâtre, du cinéma et du petit écran.

C’est visiblement émue que la ministre de la Culture a pris la parole pour évoquer la disparition d’un « grand artiste », rappelant une carrière tout entière vouée à la création et portée par « une présence exceptionnelle et un génie artistique hors pair ». Pour Malika Bendouda, ce départ représente une perte qui dépasse la seule personne de l’acteur. Elle a estimé qu’il s’agissait d’« une perte pour la scène artistique algérienne, le cinéma, le théâtre et la fiction », insistant sur le fait qu’Agoumi avait su incarner, avec un « talent remarquable », chacun des rôles qui lui avaient été confiés, en y insufflant systématiquement un « esprit profondément algérien ». Le ministre de la Communication a lui aussi tenu à saluer la mémoire du comédien disparu. Mohamed Bouslimani a mis en avant les « qualités et les mérites » de l’artiste, considérant que l’Algérie venait de perdre avec lui « une icône artistique qui a interprété tous les rôles avec un grand professionnalisme ». Il a salué « un artiste de dimension internationale », promis selon lui à rester « immortel grâce à ses œuvres artistiques et théâtrales ».

Au delà des discours officiels, c’est toute une génération de comédiens et de compagnons de scène qui a tenu à accompagner Sid Ahmed Agoumi jusqu’à sa dernière demeure. Parmi la foule qui a suivi le cortège funèbre jusqu’au cimetière d’El Kettar, on pouvait reconnaître Djaffar Gacem, Abdelnour Chelouche, Mustapha Ayad, Lakhdar Boukhers et Hassen Kechache, aux côtés de comédiennes comme Yasmine Ammari, Souhila Maalem, Bahia Rachedi ou encore Fadhéla Hachmaoui. Une présence qui en dit long sur la place qu’occupait le défunt dans le cœur de ses pairs, toutes générations confondues.

Dans les échanges recueillis sur place, un même constat revenait chez les artistes présents. Tous ont salué le charisme et la présence scénique du comédien, une « carrière singulière et prolifique » saluée à l’unanimité, sans oublier ses qualités humaines, largement évoquées par ceux qui l’ont côtoyé. Beaucoup ont confié qu’ils garderaient de lui l’image d’un artiste accompli, un modèle pour l’ensemble de la profession en Algérie.

Sid Ahmed Agoumi s’est éteint dimanche à l’âge de 86 ans, laissant derrière lui une filmographie et un parcours théâtral qui ont traversé les plus grandes heures de la fiction algérienne. Son visage, sa voix et sa présence auront accompagné plusieurs générations de spectateurs, et c’est cet héritage que ses proches, ses admirateurs et toute la scène culturelle nationale continueront de porter.

Mohand Seghir

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