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Plus de 141 000 hectares brûlés : Une saison des feux sans équivalent depuis 2021

Plus de 141 000 hectares partis en fumée et 1 471 vies fauchées sur les routes, le bilan 2026 de la Protection civile pèse lourd. Le commandant Nassim Bernaoui, sous-directeur de l’information et de la sensibilisation à la Direction générale du corps, a livré ces chiffres mercredi 23 septembre sur les ondes de la Chaîne 1 de la Radio algérienne.

Invité de l’émission « Invité du matin », l’officier a exprimé sa « gratitude » au chef de l’État pour les mesures issues du dernier Conseil des ministres périodique, à savoir une hausse générale des salaires et la révision du statut des personnels de la Protection civile. Selon le commandant Bernaoui, elles sont « en adéquation avec les changements climatiques et les risques majeurs » auxquels les agents font face sur le terrain. Elles doivent, selon lui, « accompagner le secteur » et renforcer ses capacités sur le plan juridique, organisationnel et dans les spécialités, au terme d’un été « exceptionnel » par le nombre d’accidents, d’incendies et de pertes humaines et matérielles, surtout dans plusieurs wilayas du centre et de l’est du pays. Sur les incendies, le responsable a tenu à préciser que « les chiffres restent préliminaires », le dispositif de prévention et de lutte courant jusqu’au 30 novembre. À ce stade, les services ont recensé 1 166 feux de forêt, 378 feux de maquis et 1 050 départs de feu dans les broussailles, les herbes sèches, l’alfa et les cultures de montagne, soit près de 2 600 sinistres. La superficie touchée dépasse les 141 000 hectares, dont plus de 43 000 de forêts, 46 000 de maquis, 38 000 de broussailles et d’herbes sèches, et plus de 13 000 d’alfa et de cultures de montagne. Du point de vue du nombre de sinistres comme de l’étendue des dégâts sur le couvert végétal, il s’agit du niveau de pertes le plus élevé depuis 2021, année marquée par les feux meurtriers qui avaient ravagé notamment la Kabylie. La saison n’étant pas close, ce bilan est appelé à évoluer d’ici la fin novembre.

Les flammes de juillet et août, attisées par le « dôme de chaleur » qui avait pesé sur le pays, ont aussi frappé de plein fouet le monde agricole. Quelque 2 950 incendies ont touché des champs de blé et d’orge, réduisant en cendres plus de 4 100 hectares de blé et plus de 2 000 hectares d’orge. Environ 668 000 bottes de paille ont brûlé, de même que plus de 131 000 arbres fruitiers et plus de 70 000 palmiers. Ces chiffres disent à eux seuls l’ampleur du choc subi par le monde rural durant la vague de chaleur.

Hécatombe sur les routes

Côté baignade, le dispositif de prévention et de secours déployé sur le littoral depuis le 1er janvier a donné lieu à plus de 91 000 interventions, un total déjà supérieur à celui de la même période de 2025, alors même que la saison n’est pas terminée. Plus de 65 000 personnes ont été sauvées et plus de 22 000 secourues. Le bilan humain reste toutefois douloureux avec 168 décès par noyade, dont 88 sur des plages interdites à la baignade et 71 dans des retenues, bassins d’irrigation, oueds et lacs.

Le commandant Bernaoui a enfin évoqué le retour en force des accidents de la circulation en 2026, surtout les plus meurtriers, citant des drames survenus à Médéa, Constantine et Tiaret, où au moins six personnes ont péri sur place selon lui. Du 1er janvier au 19 septembre, la Protection civile est intervenue sur plus de 55 000 accidents, à travers plus de 96 000 sorties. Ils ont coûté la vie à 1 471 personnes, mortes sur les lieux, soit plus de cinq victimes par jour en moyenne, et blessé plus de 66 000 autres. Toutes activités confondues, le corps a mené plus d’un million d’interventions depuis le début de l’année, dont près de 600 000 de nature sanitaire, un chiffre qui donne la mesure du travail accompli « au quotidien » par les services dans toutes les régions du pays.

Lyna Larbi

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