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Le Soudan accuse les Émirats de saper la justice internationale

Le Soudan a fait savoir qu’il rejetait l’organisation, par les Émirats arabes unis, d’une conférence des Nations unies consacrée à la prévention du crime, accusant Abou Dhabi de remettre en cause le droit international en apportant son soutien aux Forces de soutien rapide (FSR), à l’origine du conflit qui déchire le pays depuis avril 2023.

Cette contestation, portée par la procureure générale du pays, s’inscrit dans la continuité des accusations formulées de longue date par le gouvernement soudanais qui reproche à Abou Dhabi de fournir des armes sophistiquées et un appui politique aux FSR. Dans un discours enregistré adressé au Congrès des Nations unies pour la prévention du crime et la justice pénale, la procureure générale Intisar Abdel-Aal a indiqué que Khartoum contestait le choix des Émirats pour accueillir cette conférence, invoquant des motifs à la fois juridiques et moraux. « Le Soudan ne soulève pas cette question comme un différend politique, mais plutôt comme une question directement liée aux principes de la justice pénale internationale », a-t-elle affirmé, dans un message sonore relayé par le site d’information en ligne Soudan Tribune. La responsable soudanaise a par ailleurs estimé que les instances internationales devaient se conformer strictement aux principes énoncés par la Charte des Nations unies, avant d’accuser les Émirats de contribuer à prolonger le conflit et de faciliter des violations du droit international humanitaire. Intisar Abdel-Aal a en outre assuré que la justice soudanaise poursuivait ses efforts contre les réseaux de criminalité transnationale organisée, les circuits de financement illicite et le trafic d’êtres humains.

L’hôpital de Sodari pillé par les FSR

Cette offensive diplomatique intervient alors que le terrain continue d’enregistrer de nouvelles violations. Le Réseau des médecins soudanais a accusé, le même jour, les Forces de soutien rapide d’avoir détruit et pillé le principal hôpital de la ville de Sodari, dans le Kordofan du Nord, privant d’accès aux soins plus de 50 000 familles. « L’hôpital rural de Sodari, qui desservait plus de 50 000 familles avant la guerre, a été attaqué et systématiquement pillé de ses infrastructures et de son matériel médical par les RSF », a dénoncé le Réseau dans un communiqué, qualifiant cet acte d’attaque directe contre le droit aux soins de santé et estimant qu’il compromettait durablement la capacité du système sanitaire à servir les populations civiles. L’organisation a appelé la communauté internationale, ainsi que les organisations humanitaires et de défense des droits humains, à condamner ces violations, à œuvrer à la protection des infrastructures sanitaires dans les zones de conflit et à exercer une pression sur les dirigeants des FSR afin qu’ils mettent un terme aux attaques visant les sites médicaux et que les responsables soient traduits en justice. Ce nouveau pillage survient quelques jours à peine après que l’armée soudanaise a annoncé, vendredi, avoir repris le contrôle de la ville de Sodari, dans le Kordofan du Nord, affirmant avoir infligé des pertes en hommes et en matériel aux paramilitaires. Les trois États du Kordofan, à savoir le Kordofan du Nord, le Kordofan de l’Ouest et le Kordofan du Sud, sont depuis octobre dernier le théâtre d’affrontements soutenus entre l’armée régulière et les FSR. Déclenchée en 2023, cette guerre a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement d’environ 13 millions de personnes, selon les estimations de l’ONU et de la communauté internationale, plaçant le Soudan au cœur de l’une des pires crises humanitaires de la décennie.

Lyes S.

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