Festival national du livre lu : Réconcilier les Algériens avec la lecture
Le Festival national du livre lu a ouvert ses portes samedi à travers plusieurs wilayas du pays, à l’initiative du ministère de la Culture et des Arts, et se poursuivra jusqu’au 5 octobre. Placée sous les mots d’ordre « pour nos livres une autre vie » et dédiée au livre déjà lu, la manifestation entend redonner un second souffle à des ouvrages qui dorment souvent dans les bibliothèques familiales, tout en encourageant la pratique de la lecture chez toutes les générations. La cérémonie d’ouverture s’est tenue à 9h30 à la Bibliothèque nationale d’Algérie, point de départ d’un programme national décliné localement dans chaque wilaya. Au menu de cette édition, des conférences et rencontres autour du livre, des séances de dédicace, des ateliers et des espaces pensés pour l’échange, le don et la vente d’ouvrages de seconde main, avec la participation d’écrivains, d’intellectuels et de professionnels de la lecture. Le ministère a appelé les lecteurs et les amoureux du livre à suivre les activités de cette édition et à y prendre part, une manière selon lui de consolider la culture de la lecture et d’offrir aux livres une nouvelle existence.
À Blida, les festivités se déroulent au Club équestre et courent jusqu’au 5 octobre, avec la présence de 23 auteurs venus des wilayas de Blida, d’Alger et de M’sila, parmi lesquels le romancier Abdelaziz Ghermoul et le scénariste Djamel Mohamedi. La directrice locale de la culture, Soumia Hechifa, a présenté à cette occasion la plateforme numérique Kutubuna, mise en place par le ministère de tutelle pour accompagner la transition numérique du secteur, resserrer les liens entre lecteurs, auteurs et institutions culturelles, et simplifier l’accès aux publications ainsi qu’aux différentes activités liées à la lecture. Mme Hechifa a tenu à souligner que Blida arrive en tête au niveau national pour le nombre d’inscrits sur cette plateforme, un chiffre qu’elle interprète comme le signe d’un engouement réel des passionnés de lecture de la wilaya pour cet outil. Le programme blidéen prévoit également des ventes-dédicaces qui permettront au public de rencontrer ses auteurs favoris et d’échanger avec eux sur leur parcours et leurs œuvres. Des clubs de lecture accompagnent la manifestation, de même qu’une exposition rassemblant de nombreux titres couvrant plusieurs domaines et s’adressant à tous les âges.
À Chlef, c’est la bibliothèque principale de lecture publique qui accueille cette année les activités du festival, avec un programme construit autour du livre et de l’écriture. La directrice de l’établissement, Leïla Merzouk, présente cette manifestation comme un moyen de redonner du souffle à la scène littéraire locale, en poussant à la lecture, en mettant le livre en valeur et en soutenant la production littéraire de la région. Le programme chélifien réunit une exposition consacrée à l’échange de livres entre lecteurs, des ateliers de lecture destinés aux enfants, des conférences et rencontres littéraires animées par des enseignants et des auteurs, ainsi que des moments de dédicace et d’échange autour des ouvrages. Dès son lancement, le Festival national du livre lu a attiré un public nombreux et varié, où se côtoyaient passionnés de littérature, amateurs de livres et figures intellectuelles. Plusieurs d’entre eux ont salué cette initiative, insistant sur son rôle dans la valorisation du livre papier à l’heure du numérique et dans la transmission du goût de la lecture aux jeunes générations. À travers ses différentes escales à travers le pays, cette édition confirme la volonté des pouvoirs publics de faire du livre un objet de partage plutôt qu’un bien qui reste figé sur une étagère, et de replacer la lecture au cœur des habitudes culturelles des Algériens.
Mohand S.

