Algeria Bid Round 2026 : Alnaft fait son marketing
À quelques semaines de la clôture des salles de données et alors que l’Europe se tourne vers son gaz, l’Algérie défend sept périmètres sahariens propos par Alnaft dans le cadre de l’Algeria Bid Round 2026 devant les investisseurs internationaux.
L’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft) participera du 12 au 16 octobre à l’African Energy Week, à Cape Town, pour promouvoir l’Algeria Bid Round 2026 auprès des investisseurs internationaux. Près de 60 compagnies ont déjà manifesté leur intérêt pour ce cycle de sept périmètres d’exploration. Les offres seront déposées le 25 janvier 2027 et les contrats signés avec Sonatrach au plus tard le 31 mars. La séance consacrée au cycle se tiendra avant la fermeture des salles de données, le 30 novembre.
Cette étape prolonge une série de rendez-vous internationaux. Les 29 et 30 septembre, le président de l’agence, Abdelkader Cherfaoui, a présenté au sommet mondial de l’énergie l’ambition de l’Algérie dans l’amont. Puis le NAPEC s’est tenu à Oran du 5 au 7 octobre, avec plus de 450 exposants et 230 intervenants. Le ministre d’État, Mohamed Arkab, y a appelé les compagnies à des partenariats concrets, rapides à exécuter et créateurs de valeur partagée. Le patron de la Chambre africaine de l’énergie, organisatrice de l’African Energy Week, a salué la combinaison algérienne de ressources avérées, d’infrastructures existantes et de potentiel d’exploration.
Les blocs, répartis entre les wilayas d’Ouargla, d’Illizi, de Touggourt et d’El Bayadh, s’étendent notamment sur les bassins d’Illizi et de Berkine, où les infrastructures existent déjà. Ils cumulent environ 1,8 milliard de barils de ressources, dont 239 millions de barils et 19 milliards de mètres cubes de gaz déjà découverts. La moitié des candidats ont déjà consulté les salles de données virtuelles, ouvertes en juin, une première pour un cycle de licences algérien.
Le contexte donne à ce cycle une portée particulière. Depuis les frappes du 28 février contre l’Iran et la quasi-paralysie du détroit d’Ormuz, le GNL qatari a presque disparu du marché européen. La part de l’Algérie dans les importations européennes de gaz par gazoduc est passée de 17,4 % en 2025 à 18,2 % au deuxième trimestre, et ses exportations vers l’Espagne ont progressé de 13 % sur les sept premiers mois de l’année, contre 5 % vers l’Italie.
Mais la production nationale a reculé en 2025 pour la troisième année consécutive, à 101,84 milliards de mètres cubes, et le marché intérieur en absorbe près de la moitié. Renouveler les réserves devient donc une nécessité. Sonatrach a annoncé 60 milliards de dollars d’investissements sur 2026-2030, et 80 % des projets énergétiques de 2025-2029 sont destinés à l’amont, où les ressources restent encore sous-explorées.
Le précédent cycle, l’Algeria Bid Round 2024, dont les résultats ont été proclamés en juin 2025, avait abouti à l’attribution de cinq blocs sur six celui d’Ahara à TotalEnergies et QatarEnergy, Reggane II à Eni et PTTEP, Zerafa II à ZPEC, Toual à Zangas et Filada, Guern El Guessa II à Sinopec. Un seul bloc avait reçu plusieurs offres, ce qui a conduit l’agence à ajuster sa méthode, avec un processus de nomination des blocs et des salles de données numériques pour l’édition 2026. Le calendrier est désormais serré avec la fermeture des salles de données le 30 novembre, dépôt des offres le 25 janvier, signature des contrats avant le 31 mars 2027. L’Algérie espère ainsi convertir son rôle de fournisseur fiable de l’Europe en nouveaux investissements d’exploration.
Samira Ghrib

