Ormuz : Téhéran dit avoir transmis un plan de réouverture à Washington
L’Iran affirme avoir fait parvenir aux États-Unis, par l’intermédiaire du Qatar, un plan en sept jours destiné à rouvrir le détroit d’Ormuz, a indiqué samedi son ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, depuis Bagdad. Washington n’a pas commenté cette annonce, rapportée par Al Jazeera. En marge de la 52e session du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Organisation de la coopération islamique, qui se tient en Irak, le chef de la diplomatie iranienne a estimé que la décision revenait désormais aux États-Unis. Selon lui, la sécurité maritime ne peut pas se rétablir en reproduisant les erreurs passées, qu’il a illustrées par les bombardements, les menaces de destruction et les sanctions infligées à un pays. Il a assuré que l’Iran défendrait sa population, sa souveraineté et ses intérêts légitimes, sans y voir de contradiction avec la recherche de la paix. Téhéran, a-t-il ajouté, mesure les ravages des conflits et se dit prêt à coopérer avec ses voisins pour construire la sécurité de manière collective. Le ministre a par ailleurs renouvelé la proposition de médiation de son pays entre l’Arabie saoudite et les rebelles houthis au Yémen, en plaidant pour un processus politique inclusif. Son adjoint, Saeed Khatibzadeh, avait indiqué auparavant que Riyad n’avait pas encore répondu à cette offre. Vendredi 16 octobre, l’Iran avait démenti toute implication dans les attaques des Houthis, alors que l’Arabie saoudite l’accusait d’encourager le groupe à intensifier ses opérations militaires. Sur le dossier nucléaire, les positions restent éloignées. Le président iranien Massoud Pezeshkian a de nouveau écarté toute volonté de se doter de l’arme atomique, tout en se disant ouvert au dialogue et fermé aux pressions américaines. Il a estimé que les sanctions pèsent sur l’Iran mais aussi sur le reste du monde, et invité Washington à privilégier la discussion plutôt que la force. De son côté, Donald Trump avait évoqué la possibilité de frapper le site souterrain de Pickaxe Mountain, soupçonné d’être lié au programme nucléaire iranien. Interrogé par Newsmax, il a présenté l’empêchement d’une bombe iranienne comme l’objectif des États-Unis. Il a affirmé que son pays n’avait l’intention ni d’employer l’arme nucléaire ni de déployer des troupes au sol, sans écarter le recours à des bombes conventionnelles de forte puissance contre des installations enterrées.
Faute de réponse américaine à ce stade, la perspective d’une reprise du dialogue entre Washington et Téhéran reste l’un des principaux paramètres de la stabilité au Moyen-Orient.
R.I.

