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Souk-Ahras : La formation s’adapte aux besoins des grands projets économiques

Avec 680 personnes formées entre 2019 et 2024 dans des spécialités liées au complexe des engrais intégrés d’Oued Keberit et 417 autres actuellement en formation, la wilaya entend anticiper les besoins en main-d’œuvre qualifiée générés par ses grands projets économiques. Un enjeu stratégique pour rapprocher les compétences locales des exigences du marché de l’emploi.

Pour Souk-Ahras, la préparation des compétences locales s’impose comme un enjeu majeur pour accompagner la dynamique des investissements structurants engagés dans la wilaya. Face aux besoins techniques attendus du complexe des engrais intégrés d’Oued Keberit et de la ligne minière Est, le secteur de la formation et de l’enseignement professionnels s’attache à constituer un vivier de techniciens et d’ouvriers spécialisés, capables de répondre aux exigences de ces futurs pôles d’activité. Une orientation qui vise à mieux articuler les parcours de formation avec les perspectives économiques du territoire. Les projets industriels, les infrastructures, l’énergie et les télécommunications nécessitent, en effet, des profils qualifiés dans plusieurs métiers techniques, notamment la mécanique, les industries métalliques, l’électricité, l’électronique, la chimie industrielle et la maintenance des équipements. C’est pourquoi l’enjeu consiste à anticiper ces besoins afin de limiter le décalage entre les qualifications disponibles localement et celles recherchées par les entreprises.

Le programme de formation destiné à accompagner la réalisation du complexe des engrais intégrés d’Oued Keberit illustre cette démarche. Selon la direction de la Formation et de l’Enseignement professionnels, pas moins de 680 stagiaires ont bénéficié, entre 2019 et 2024, d’une formation dans les spécialités retenues pour répondre aux besoins de cet investissement. Par ailleurs, 417 autres poursuivent actuellement leur formation dans les filières concernées. Ces effectifs traduisent un effort engagé dans la durée pour préparer les ressources humaines nécessaires à la concrétisation de ce projet industriel.

La répartition des stagiaires déjà formés fait ressortir la prédominance des métiers liés à l’électricité, à l’électronique et à l’énergie, qui totalisent 284 bénéficiaires. Le bâtiment et les travaux publics arrivent en seconde position, avec 147 personnes formées, suivis de la chimie industrielle et des industries plastiques, qui comptent 106 bénéficiaires. Ces spécialités correspondent à des besoins essentiels pour la réalisation des installations, le montage des équipements, leur mise en service et leur maintenance.

Les besoins de qualification ne se limitent toutefois pas aux grands investissements industriels. Les métiers relevant du secteur hydrique et de l’environnement, les travaux publics ainsi que les réseaux figurent également parmi les domaines nécessitant une adaptation de l’offre de formation. Cette démarche suppose une meilleure prise en compte des perspectives d’emploi dans l’élaboration des parcours pédagogiques, afin de favoriser l’acquisition de compétences directement utilisables sur le terrain. Dans cette optique, trois conventions de partenariat ont été conclues avec les directions de la Jeunesse et des Sports, des Services agricoles et de l’Action sociale. Ces accords visent à renforcer la coopération entre les différents secteurs et à rapprocher davantage les dispositifs de formation des besoins exprimés par les acteurs concernés.

Au-delà des effectifs annoncés, le défi réside désormais dans la capacité à transformer cet effort de formation en débouchés professionnels concrets. L’adéquation entre les spécialités enseignées, les qualifications recherchées par les entreprises et les calendriers de réalisation des projets sera déterminante. La disponibilité d’une main-d’œuvre locale qualifiée représente ainsi pour la wilaya de Souk Ahras un levier essentiel pour maximiser les retombées économiques des investissements, faciliter l’insertion professionnelle des jeunes et faire de la formation professionnelle un véritable moteur du développement local.

Zakia Merabet

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