Moyen-Orient : Téhéran écarte le plan qatari, la perspective d’une reprise des hostilités s’installe
L’Iran a rejeté mercredi les propositions des médiateurs qataris destinées à régler son conflit avec les États-Unis, les jugeant « inacceptables », a affirmé un haut responsable iranien à l’agence Reuters. Selon ce responsable, le plan avancé par Doha n’a rien de nouveau et la République islamique reste ferme sur la question nucléaire. Une source au fait des discussions avait indiqué plus tôt que le Qatar avait remis dimanche à Téhéran un nouveau projet d’accord. Il prévoit un calendrier de sept jours pour répondre à la fois aux exigences iraniennes et américaines, chaque partie devant prendre dans l’intervalle des mesures de confiance. Ce calendrier, placé sous la supervision de plusieurs États garants, aurait pu être enclenché dès le début de la semaine prochaine. L’Iran devait donner sa réponse d’ici la fin de la semaine. Le Qatar mène avec le Pakistan les efforts de médiation pour mettre fin à la guerre lancée le 28 février par les États-Unis et l’entité sioniste contre l’Iran. Le conflit s’est étendu au Liban, au Yémen et à l’ensemble de la région du Golfe, perturbant fortement le commerce mondial de pétrole dont les prix ont bondi sur les marchés.
Le responsable iranien a fait état d’une inquiétude quant à une possible reprise des hostilités à grande échelle après les élections législatives israéliennes et les élections de mi-mandat aux États-Unis. Le scrutin israélien s’est tenu mardi, tandis que les élections américaines de mi-mandat sont prévues le 3 novembre. Le président américain Donald Trump a de nouveau menacé vendredi de frapper l’Iran. Lors d’un meeting au Texas le 27 octobre, il a déclaré que « tout sera bientôt terminé » et qu’il pouvait y mettre fin quand il le voulait. Il a assuré que les capacités d’enrichissement d’uranium iraniennes avaient été détruites grâce aux opérations Midnight Hammer et Epic Fury. Il avait précédemment affirmé qu’il n’attaquerait pas l’Iran avant les élections. Le Wall Street Journal a rapporté le 27 octobre, en citant des personnes au fait des négociations, que Washington avait demandé à plusieurs pays du Golfe de se préparer à une « opération militaire courte et intense » après le scrutin américain. Selon le quotidien, l’armée américaine transfère des systèmes antimissiles Patriot du Texas vers la région, a retiré des troupes de bases jugées vulnérables et reconstitue ses stocks de munitions. Un groupe aéronaval supplémentaire et une unité expéditionnaire des Marines doivent rejoindre en novembre une vingtaine de navires de guerre américains déjà déployés au Moyen-Orient. Le journal précise que M. Trump n’a pas pris de décision définitive. De son côté, Reuters cite des sources sécuritaires iraniennes selon lesquelles Téhéran a préparé des plans pour attaquer des câbles sous-marins dans le Golfe. L’Arabie saoudite est par ailleurs visée depuis plusieurs semaines par des attaques répétées des Houthis, alliés de l’Iran. Sur le plan financier, des données du Pentagone rapportées par Reuters indiquent que l’armée américaine a dépensé plus de 47 milliards de dollars dans cette guerre, soit plus de 25 % de plus que les estimations de juillet. Le remplacement des munitions représente plus de 29 milliards de dollars et celui du matériel plus de 6 milliards. Les chiffres ne précisent pas si les réparations des bases touchées par les attaques iraniennes sont incluses. En septembre, le Bureau du budget du Congrès évaluait le coût à environ 38 milliards de dollars au 1er août, et estimait que la poursuite des combats pourrait ajouter de 2 à 3 milliards par mois. Il a aussi indiqué que le réapprovisionnement en munitions pourrait prendre environ cinq ans. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, avait appelé à un financement d’urgence d’environ 90 milliards de dollars. Lyes S.

