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Espagne : Au moins 68 dans la collision de deux trains

Au moins 68 personnes ont péri mercredi à 8h54 dans la collision de deux trains à grande vitesse, l’un d’Iryo et l’autre de Renfe, près d’Urda, à 150 km au sud de Madrid. Le bilan, encore provisoire, fait de ce drame la pire catastrophe ferroviaire en Espagne depuis celle de Saint-Jacques-de-Compostelle en 2013.

Au moins 68 personnes ont perdu la vie mercredi dans la collision de deux trains à grande vitesse près d’Urda, à quelque 150 km au sud de Madrid, selon un bilan provisoire des autorités régionales qui pourrait encore s’alourdir. Plus de 80 blessés ont également été recensés dans ce qui constitue la plus grave catastrophe ferroviaire en Espagne depuis le déraillement de Saint-Jacques-de-Compostelle, qui avait fait 80 morts en 2013.

L’accident s’est produit à 8h54, heure locale, dans la province de Tolède, en Castille-La Manche, sur la ligne à grande vitesse reliant Madrid à l’Andalousie. Les deux convois appartenaient l’un à Iryo, compagnie privée détenue à 51% par les chemins de fer italiens FS, l’autre à Renfe, l’opérateur public national. Le maire d’Urda, Manuel Galán, a été parmi les premiers à donner l’alerte à la télévision espagnole en évoquant une collision et des blessés. Les secours ont mobilisé d’importants moyens, avec plusieurs brigades de pompiers, trois hélicoptères et deux unités mobiles de soins intensifs. La ministre de la Santé, Monica Garcia, a indiqué que la priorité était de sortir les victimes le plus vite possible des wagons. Un porte-parole des services d’urgence a pour sa part averti que le nombre de morts allait probablement augmenter, parlant d’un drame « énorme » et « monstrueux ». Le bilan est passé en quelques heures de 30 à 31 morts, puis à 64 et enfin à 68.

Les causes restent à déterminer, mais la piste d’un dysfonctionnement du système de sécurité prend de l’épaisseur. Selon le quotidien El Mundo, le train d’Iryo avait signalé au centre de contrôle son immobilisation à la suite d’une panne du système de signalisation LZB, avant d’être percuté par un train AVE. Le ministre des Transports, Óscar Puente, s’est dit « absolument dévasté » et a mis en cause la décision, qu’il juge « inexplicable », du centre de contrôle de reprendre la circulation après cette défaillance technique. Le Premier ministre, Pedro Sánchez, a décrété que « toute l’Espagne est en deuil » et estimé qu’il n’est pas acceptable pour un pays comme le sien de connaître deux accidents ferroviaires à grande vitesse la même année. Il faisait référence à la tragédie d’Adamuz, en Andalousie, où le déraillement d’un train avait fait 46 morts le 18 janvier. Ce drame avait déjà suscité de vives critiques de la droite et de l’extrême droite contre le gouvernement de gauche.

Les réactions de solidarité se sont multipliées. La famille royale a dit accompagner les proches des victimes dans leur peine, tandis que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a affirmé que l’Europe est en deuil aux côtés de l’Espagne. Bruxelles s’est dit prête à apporter toute son aide, tout en jugeant qu’il est trop tôt pour tirer des conclusions. La circulation reste interrompue sur la ligne Madrid-Andalousie. Lyes Saïdi

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