Succession du DG de l’ONU : Quatre ONG des droits de l’Homme dénoncent la candidature émiratie
Plusieurs organisations de défense des droits humains ont appelé mardi les grandes puissances à barrer la route à l’Émiratie Lana Nusseibeh dans la course au poste de secrétaire général des Nations unies, rappelons que son pays finance les paramilitaires au Soudan. Human Rights Watch et trois autres ONG ont tenu une conférence de presse en ligne pour exprimer leur opposition. « Je pense que sa candidature est totalement inappropriée car elle nie la réalité », a déclaré Ken Roth, de Human Rights Watch. Kate Ferguson, codirectrice de l’ONG britannique Protection Approaches, a pour sa part estimé ne pas voir « de preuves suffisantes permettant d’affirmer que cette candidate est indépendante de l’État dont elle est originaire ». Elle a ajouté qu’« il ne faut pas se montrer naïf : il pourrait s’agir d’une tentative délibérée de captation de l’ONU par des régimes autocratiques, avec l’appui des États-Unis, afin de prendre le contrôle de l’organisation ».
Au Soudan, la guerre a fait plus de 200 000 morts et provoqué l’une des plus graves crises humanitaires de la planète. L’armée soudanaise et des observateurs internationaux accusent Abou Dhabi d’équiper les Forces de soutien rapide. Les Émirats arabes unis ont toujours nié avec véhémence toute ingérence, malgré les éléments avancés par de nombreux rapports. Quand elle était ambassadrice à New York, Lana Nusseibeh avait rejeté les conclusions d’un rapport d’experts de l’ONU destiné au Conseil de sécurité, qualifiant les accusations visant son pays de « catégoriquement fausses ».
Âgée de 48 ans, la diplomate est entrée dans la compétition la semaine dernière, alors qu’aucun candidat n’est parvenu jusqu’ici à faire consensus pour succéder au Portugais António Guterres, dont le second mandat s’achève à la fin de l’année.
Pour l’emporter, un candidat doit recueillir neuf voix sur quinze au Conseil de sécurité, sans essuyer le veto de l’un des cinq membres permanents, à savoir les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Chine, la France et la Russie. Lorsqu’un consensus se dégagera au sein du Conseil, le nom retenu sera soumis à l’Assemblée générale, qui suit en pratique cette recommandation. R.I.

