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Hydrocarbures, agriculture et entreprises : Le savoir de la diaspora scientifique au service de l’économie nationale

Le coordinateur du Haut Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger a rencontré les ministres de l’Agriculture et des Hydrocarbures, puis les entrepreneurs publics. Il a ainsi ciblé les secteurs qui pèsent le plus lourd dans l’économie algérienne. Derrière l’appel aux compétences se dessine une question de fond, comment transformer un capital humain installé ailleurs en gains de productivité à l’intérieur du pays ?

Les ministres de l’Agriculture et des Hydrocarbures, puis l’Union nationale des entrepreneurs publics (UNEP), ont mis sur la table un pari économique, celui de faire de la diaspora un levier de performance pour les secteurs stratégiques.

Il faut dire que l’agriculture et les hydrocarbures sont deux secteurs centraux dans la dynamique économique nationale. Côté agriculture, le communiqué du ministère qui a suivi l’audience accordée par le ministre du secteur Sid-Ali Khaldi au coordinateur du Conseil le Pr Elias Zerhouni, évoque la nécessité de « solutions durables » face au changement climatique, à l’amélioration des rendements et aux cultures stratégiques. Le développement des semences locales et l’amélioration des races animales y sont présentés comme des moyens de relever la production nationale et de renforcer la sécurité alimentaire. Sur le plan économique, l’enjeu est limpide, chaque quintal produit localement est un quintal de moins à acheter sur le marché mondial, avec l’effet que cela suppose sur la balance commerciale et sur la maîtrise des prix.

Dans les hydrocarbures, la logique est différente mais complémentaire. Le ministère met en avant la recherche et développement, les technologies industrielles avancées, la réduction des émissions de méthane et de l’empreinte carbone, ainsi que l’échange d’expertises dans le dessalement. Ces sujets ne relèvent pas de la seule écologie. Ils touchent à la compétitivité, car un gaz moins émetteur est plus facile à vendre sur les marchés les plus exigeants, et la maîtrise du dessalement sécurise un intrant devenu vital pour l’industrie comme pour l’agriculture. Le communiqué insiste d’ailleurs sur la promotion du contenu local et sur le développement d’une industrie nationale d’équipements, ce qui revient à déplacer une partie de la valeur ajoutée vers l’intérieur du pays plutôt que de continuer à l’importer.

Transfert de savoir

Mais le plus intéressant est peut-être le cadre posé par le Pr Zerhouni devant l’UNEP. Le Conseil, a-t-il dit, ne s’engage dans « aucun projet auquel ne participe pas une partie algérienne » établie dans le pays. En clair, l’objectif n’est pas de faire venir des consultants, mais de transférer des savoir-faire par des équipes conjointes. Pour un économiste, c’est la distinction entre acheter de l’expertise, avec une dépense qui s’évapore, et la construire sur place, avec un capital qui reste. La méthode annoncée, qui vise à comprendre, maîtriser, rattraper le retard puis dépasser, décrit exactement la trajectoire de montée en gamme que tout pays en rattrapage cherche à parcourir.

Les entreprises publiques sont ici en première ligne. La vice-présidente de l’UNEP, Wahida Chaâb, a rappelé qu’elles opèrent dans l’énergie, l’industrie, l’agroalimentaire, le transport, le commerce et les énergies renouvelables, et qu’elles font face à des défis de modernisation technologique, de compétitivité et de transformation numérique. Autant de chantiers où le gain de productivité dépend moins du capital financier que de la compétence disponible pour conduire le changement.

Reste à savoir ce que ces rencontres vaudront en pratique. Le Conseil lui-même reconnaît être en phase de structuration, avec un organigramme, une base de données et un site Internet en cours de mise en place. Mais les premiers projets sont déjà en phase de préparation à l’image de celui de la création d’une nouvelle race ovine issue des lignées endémiques locales annoncées la semaine dernière par le ministère de l’enseignement supérieure et qui doit associer les scientifiques de la diaspora aux côtés des experts établis en Algérie. Chokri Hafed

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