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Protection des produits artisanaux : Le label qualité au cœur de la stratégie de commercialisation

Les participants à une journée d’étude organisée mardi à Alger, en marge de la 26ème édition du Salon international de l’artisanat (SIAT), ont souligné l’importance cruciale pour les artisans d’obtenir le label de « qualité et authenticité » afin de protéger leurs créations et d’assurer leur commercialisation aux niveaux national et international, dans un contexte de renforcement des mécanismes de soutien à l’entrepreneuriat artisanal et de protection de la propriété intellectuelle. Cette rencontre consacrée à la thématique « Protéger les produits de l’artisanat » a réuni plusieurs acteurs institutionnels clés du secteur, dont le ministère du Tourisme et de l’Artisanat, l’Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat (NESDA) et l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), reflétant une volonté gouvernementale d’intégrer l’artisanat dans une dynamique économique structurée et pérenne. Le directeur du développement au ministère du Tourisme et de l’Artisanat, Kali Azzedine, a expliqué que la formation de cadres est actuellement en cours au niveau local pour accompagner les artisans et les sensibiliser à l’importance d’obtenir le label de « qualité et authenticité », dans l’objectif de « protéger leurs créations et de les commercialiser aux niveaux national et international ». Cette démarche de labellisation constitue un enjeu stratégique pour garantir la traçabilité et l’authenticité des produits artisanaux algériens face à la concurrence et à la contrefaçon, tout en valorisant le savoir-faire traditionnel sur les marchés nationaux et d’exportation. Le directeur à l’Agence NESDA, Fateh Sid, a présenté un exposé détaillé sur les mécanismes et les modalités permettant aux artisans de bénéficier du financement octroyé par l’Agence pour acquérir les équipements nécessaires à leurs activités, que ce soit dans le cadre de la création de micro-entreprises ou du développement de leurs entreprises en activité. Il a particulièrement mis en avant la convention-cadre de coopération signée lundi entre la NESDA et la Direction de la formation et de la valorisation des ressources humaines relevant du ministère du Tourisme et de l’Artisanat, soulignant qu’elle « permettra aux artisans de bénéficier d’un accompagnement pour acquérir les capacités administratives et commerciales nécessaires à la transformation de leurs créations en projets réussis et durables ».

Cette convention marque une étape importante dans la professionnalisation du secteur artisanal, en comblant le déficit de compétences managériales et commerciales dont souffrent de nombreux artisans, qui excellent dans leur métier mais peinent à structurer leur activité de manière entrepreneuriale. L’accompagnement proposé vise ainsi à créer un pont entre le savoir-faire artisanal traditionnel et les exigences du marché moderne, permettant aux artisans de pérenniser leur activité et de générer des revenus stables. La représentante du bureau extérieur de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) en Algérie, Nadjet Boudjemline, a salué les efforts considérables déployés par le gouvernement algérien pour encourager l’innovation et protéger les droits des créateurs et des artisans. Elle a souligné que l’OMPI est « consciente de l’importance de la propriété intellectuelle dans la préservation du patrimoine et le renforcement de l’économie nationale, fondée sur le savoir et la créativité, au service des objectifs du développement durable ». Nadjet Boudjemline a réaffirmé l’engagement de l’OMPI à poursuivre la coopération avec l’Algérie et à la soutenir dans ses efforts visant à « renforcer la culture de l’innovation, à protéger la créativité locale et à contribuer à sa transformation en valeur ajoutée économique et culturelle, confortant ainsi la place de l’Algérie en tant que pays d’authenticité, de créativité et d’excellence ». Cette collaboration internationale témoigne de la reconnaissance du potentiel de l’artisanat algérien sur la scène mondiale et de l’importance accordée à la protection juridique des savoir-faire traditionnels dans un contexte de mondialisation des échanges. D’autres participants ont appelé à l’élaboration d’un guide national sur les méthodes de protection des produits de l’artisanat, les mécanismes de leur soutien par les différents organismes, et les moyens de leur commercialisation aux niveaux national et international. Cette recommandation répond à un besoin concret des artisans d’avoir un outil pratique et accessible leur permettant de naviguer dans les dispositifs institutionnels et juridiques disponibles pour protéger et valoriser leurs productions, tout en facilitant leur accès aux marchés porteurs.

Chokri Hafed

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