Patrimoine : Le Palais du Bey d’Oran entre dans une nouvelle ère de restauration
Le Palais du Bey-Mohamed-El-Kébir, joyau du patrimoine ottoman niché au cœur du vieux quartier Sidi-El-Houari à Oran, s’apprête à retrouver son lustre d’antan. La direction de la Culture et des Arts a annoncé lundi le lancement prochain d’une vaste opération de restauration inscrite au budget 2026, qui concernera l’ensemble du site historique incluant le palais, les remparts, les tours de défense et les écuries. « L’opération concernera le palais classé au patrimoine national, ainsi que les remparts, les tours de défense, les écuries, les aménagements extérieurs et la mise en valeur du site », a déclaré à l’APS Djamel-Eddine Barka, chef du service du patrimoine à la direction locale de la Culture et des Arts. Cette annonce marque une étape cruciale pour ce monument emblématique du XVIIIe siècle, témoin de la richesse architecturale de la période ottomane. Le cahier des charges a été finalisé et déposé auprès de la commission des marchés. L’entreprise chargée des travaux sera prochainement sélectionnée « afin de lancer les travaux de restauration dans les plus brefs délais », a précisé le responsable. Face à l’ampleur du chantier, le projet sera fractionné en trois phases distinctes. Le bureau d’études ayant supervisé les récents travaux d’urgence assurera le suivi de cette nouvelle phase, garantissant ainsi une cohérence dans l’approche. Cette opération intervient après l’achèvement de travaux de protection contre les risques d’effondrement et de dégradation. Les actions ont consisté en importants travaux techniques visant à consolider les parties fragilisées et stopper la détérioration structurelle du palais. Les équipes ont procédé au renforcement du bâtiment par l’installation de colonnes en bois soutenues par des supports en fer, à la protection des toitures contre les intempéries et au traitement des fissures. Les bâtiments annexes, dont le hammam historique et le Bordj El-Ahmar mérinide, ont également bénéficié de mesures de protection, tandis que les racines d’un grand arbre menaçant le mur d’enceinte ont été élaguées. Le Palais du Bey incarne une page fascinante de l’histoire oranaise. Selon les sources historiques, il fut édifié en 1792 à l’intérieur du fort espagnol Rosalcazar par le Bey Mohamed El Kébir Ben Othmane, qui en fit sa résidence officielle. L’architecture reflète la sophistication de l’époque, avec ses multiples ailes comprenant le diwan, la chambre de la favorite et les tours de surveillance. Le palais est relié à plusieurs sites historiques voisins dont la mosquée du Pacha et un réseau de tunnels souterrains qui parcourent Oran. Cette restauration s’inscrit dans une dynamique nationale de valorisation du patrimoine historique algérien, particulièrement celui de la période ottomane. Pour le quartier de Sidi-El-Houari, berceau historique d’Oran, ce chantier représente un espoir de revitalisation culturelle et touristique.
M.S.

