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Tébessa : La culture de pomme de terre s’impose comme filière stratégique

Avec une production attendue de 1,7 million de quintaux pour la campagne 2025-2026, la filière pomme de terre de la wilaya de Tébessa poursuit son essor et consolide sa place sur l’échiquier agricole national. Portée par l’extension des superficies cultivées, l’afflux de nouveaux investisseurs et un accompagnement renforcé des pouvoirs publics, cette filière s’impose comme un levier incontournable de régulation du marché et de développement local. La wilaya de Tébessa s’achemine, en effet, vers une nouvelle performance agricole dans la filière de la pomme de terre de saison. Selon les prévisions de la direction des services agricoles (DSA), la campagne de récolte, attendue à partir de la mi-juillet prochain, devrait atteindre un volume record de 1,7 million de quintaux, confirmant la dynamique ascendante observée ces dernières années. Cette progression s’explique notamment par l’élargissement des superficies cultivées, passées de 3.309 hectares à près de 4.400 hectares en une seule saison. À cela s’ajoute l’arrivée d’une cinquantaine de nouveaux investisseurs, portant à environ 700 le nombre total de producteurs engagés dans cette filière, devenue l’un des piliers de l’agriculture locale.

Au-delà des chiffres, cette performance repose sur plusieurs facteurs favorables : des conditions climatiques propices et un accompagnement renforcé des pouvoirs publics, qui se traduit par l’amélioration de la qualité des semences, la facilitation des procédures administratives — notamment en matière de forage —, ainsi qu’un encadrement technique assuré par les services spécialisés. La production de la wilaya de Tébessa occupe une place stratégique sur le marché national, en raison de son calendrier de commercialisation. Récoltée en plein été, entre juillet et août, elle intervient durant une période sensible marquée par une contraction de l’offre, contribuant ainsi à stabiliser les prix et à satisfaire la demande. Ce rôle de régulateur confère à la wilaya un poids croissant dans l’équilibre du marché national de la pomme de terre. Déjà classée deuxième au niveau national et première dans l’Est du pays avec une production de 1,6 million de quintaux lors de la précédente campagne, Tébessa confirme sa montée en puissance. La filière, autrefois marginale et concentrée dans la région de M’chentel, dans la commune de Chéria, s’est progressivement transformée en une véritable spécialité agricole, aujourd’hui étendue à une dizaine de communes, notamment El Ma Labiod, El Houidjbet et Bir El-Ater. Cette mutation s’est appuyée sur des investissements structurants, en particulier dans le domaine du stockage. La mise en service de chambres froides à Chéria et Hammamet a permis de réduire les pertes post-récolte et d’offrir aux agriculteurs une meilleure maîtrise de la chaîne de commercialisation. Parallèlement, le secteur des ressources en eau a connu des avancées notables, avec l’octroi de plus de 800 autorisations de forage, notamment dans les zones à fort potentiel agricole comme Bir El-Ater et Safsaf El Ouesra. L’encadrement technique n’est pas en reste, avec des actions de suivi et de conseil menées par les services de protection des végétaux, contribuant à améliorer les rendements et à limiter les risques phytosanitaires.

Cette organisation progressive de la filière tend à structurer un véritable écosystème agricole autour de la pomme de terre. Cependant, malgré ces avancées, des contraintes demeurent. L’absence d’un marché de gros au niveau local reste un handicap majeur pour les producteurs, contraints d’acheminer leurs récoltes vers d’autres wilayas, ce qui ampute leurs marges bénéficiaires et complique la chaîne de distribution. Dans ce contexte, les acteurs de la filière plaident pour la mise en place d’infrastructures commerciales adaptées et pour le renforcement des dispositifs de transformation et de valorisation. L’objectif affiché est de faire de Tébessa un pôle national de référence dans la production de la pomme de terre, capable non seulement de répondre à la demande intérieure, mais aussi de s’inscrire, à terme, dans une logique d’exportation.

Sofia Chahine

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