Économie

Hydrocarbures : La Corée du Sud et la Jordanie intéressés par le GNL et le GPL algériens

Depuis le déclenchement, le 28 février 2026, du conflit armé au Moyen-Orient et le blocus qui s’en est suivi sur le détroit d’Ormuz — artère névralgique par laquelle transite près d’un cinquième de l’approvisionnement pétrolier mondial —, les marchés de l’énergie sont plongés dans une turbulence inédite. L‘Agence internationale de l’énergie (AIE) a qualifié la situation actuelle de « pire crise énergétique de l’Histoire ». C’est dans ce contexte de dérèglement profond que l’Algérie sa position se consolider. Dans ce contexte, Séoul et Amman ont initié des démarches pour sécuriser des approvisionnements en hydrocarbures algériens. Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a reçu mardi matin à Alger le vice-ministre des Affaires étrangères chargé des Affaires économiques de la République de Corée, Park Yoonjoo, envoyé spécial du chef de la diplomatie sud-coréenne. Dans l’après-midi, il s’entretenait par visioconférence avec son homologue jordanien, Saleh Ali Hamed Al Kharabsheh, ministre de l’Énergie et des Ressources minérales du Royaume hachémite.

Séoul courtise Sonatrach

La rencontre avec la délégation sud-coréenne a revêtu un caractère particulièrement dense. Les deux parties ont passé en revue les moyens de développer la coopération algéro-coréenne dans les domaines des hydrocarbures et de l’industrie pétrolière et gazière, en examinant les projets en cours et les perspectives de développement du partenariat. Les discussions ont porté en priorité sur les exportations de pétrole brut, de gaz de pétrole liquéfié (GPL) et de naphta, ainsi que sur les opportunités d’investissement avec le groupe Sonatrach, « à travers les différentes étapes de la chaîne de valeur, de l’exploration et la production au traitement et à la transformation », selon le communiqué du ministère.

Le volet technologique n’a pas été en reste. L’accent a été mis sur « l’importance de développer des partenariats mutuellement bénéfiques basés sur le transfert de savoir-faire et d’expertise, la formation et le renforcement de l’intégration nationale dans les projets énergétiques, tout en encourageant les projets contribuant au développement durable et au transfert technologique », précise la même source. La coopération dans le domaine du dessalement d’eau de mer a également figuré à l’agenda, signe d’une ambition de partenariat stratégique dépassant le seul commerce des hydrocarbures. Park Yoonjoo a conclu en soulignant que sa visite « reflète la volonté commune de consolider les relations entre les deux pays et d’élargir les perspectives de coopération dans les secteurs stratégiques, au service des intérêts communs ».

Amman cherche des garanties d’approvisionnement

La Jordanie, pays sans ressources hydrocarbures propres et voisin immédiat de la zone de conflit, se trouve dans une position de vulnérabilité particulièrement aiguë. La visioconférence entre M. Arkab et son homologue jordanien, tenue en présence de l’ambassadeur de Jordanie à Alger, a donc revêtu un caractère d’urgence stratégique. Les deux ministres ont passé en revue « les relations de coopération entre les deux pays dans le domaine des hydrocarbures, notamment les moyens de renforcer le partenariat entre les institutions des deux pays et le développement des échanges commerciaux », selon le communiqué officiel. Les discussions ont ciblé en particulier les modalités d’approvisionnement de la Jordanie en pétrole brut, en GPL et en gaz naturel liquéfié (GNL), ainsi que la coopération dans les domaines de la distribution et du stockage des produits pétroliers. Le ministre jordanien a salué la qualité des échanges, soulignant que les discussions avaient été fructueuses et exprimant « la volonté de son pays de renforcer les relations de partenariat avec l’Algérie, d’intensifier les concertations économiques et l’échange d’expertises, au service des intérêts communs des deux pays ». Les deux parties ont par ailleurs procédé à un échange de vues sur les développements du marché international des hydrocarbures et ses perspectives, dans un contexte où chaque signal diplomatique est scruté par les opérateurs du marché.

Ces deux rendez-vous diplomatiques s’inscrivent dans une séquence plus large de repositionnement de l’Algérie sur l’échiquier énergétique mondial. Depuis le déclenchement des hostilités au Moyen-Orient et la fermeture effective du détroit d’Ormuz aux pétroliers, les pays importateurs d’énergie se sont lancés dans une course aux fournisseurs alternatifs fiables. L’Algérie, dotée de réserves prouvées de gaz naturel parmi les premières d’Afrique et reliée à l’Europe par les gazoducs Medgaz et Transmed, dispose d’atouts considérables pour répondre à cet appel. Sa position géographique, à l’écart des zones de turbulence, constitue en elle-même un argument commercial de premier ordre.

Amar Malki

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