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Lancement des « Tribunes libres pour la prévention contre la drogue » : Sortir la prévention des institutions pour la porter dans la rue

L’État change de méthode face au fléau de la drogue. Plutôt que de se cantonner aux campagnes institutionnelles, il mise désormais sur la parole des jeunes eux-mêmes pour atteindre leurs pairs. C’est le sens du lancement, samedi à Alger, des « Tribunes libres pour la prévention contre la drogue », présidé par le ministre de la Jeunesse Mustapha Hidaoui. Le programme, organisé conjointement par l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie et l’Association des anciens Scouts musulmans algériens sous le slogan « Un jeune conscient… Une société sans drogue », repose sur un principe simple : des dialogues directs, tout au long de l’année, entre membres du mouvement scout et jeunes à travers tout le territoire national. L’idée est de court-circuiter le discours descendant des autorités au profit d’un échange en langage direct, entre pairs. Devant la presse, Hidaoui a replacé l’initiative dans le cadre de la Stratégie nationale de lutte contre la drogue, qui a selon lui permis un «bond qualitatif» en faisant de l’action préventive «une activité quotidienne durable et non pas conjoncturelle». Le ministre a insisté sur la nécessité de «sortir les jeunes de l’oisiveté en les structurant dans des institutions éducatives et en les impliquant dans des activités sportives, intellectuelles et scientifiques». Il a par ailleurs annoncé que la lutte contre la drogue sera intégrée comme «élément essentiel» dans les camps d’été de cette année, avec l’ambition de toucher «un demi-million d’enfants».

Le directeur général de l’Office, Tarek Kour, a précisé que ces tribunes placent «les jeunes au cœur de la campagne de sensibilisation, en leur permettant de s’adresser à leurs pairs en langage direct et réaliste». Il a également signalé que l’Algérie mène, au-delà de ses efforts internes, «un front international» face à l’apparition de nouvelles substances psychotropes non encore inscrites sur les listes internationales, malgré leur impact avéré sur les jeunes.

La déléguée nationale à la protection de l’enfance, Meriem Cherfi, a pour sa part mis l’accent sur le volet législatif. Elle a cité les lois adoptées en 2025 et 2026, dont un décret exécutif encadrant le dépistage de stupéfiants dans les établissements scolaires, et annoncé le lancement d’«une cellule de veille cybernétique» destinée à protéger les enfants des contenus malveillants en ligne — un front numérique qui s’ajoute désormais au front physique.

Le dispositif mis en place traduit une prise de conscience : face à une offre de stupéfiants qui se diversifie et se réinvente, la réponse purement répressive ne suffit plus.

Malik Meziane

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