Développement de la filière tomate industrielle à Skikda : Un succès national porté par les plaines de Ben Azzouz
Avec une part représentant désormais plus de 45 % de la production nationale de la tomate industrielle, la commune de Ben Azzouz, dans la wilaya de Skikda, s’impose comme le premier pôle agricole du pays dans ce segment. Une filière en pleine expansion qui renforce l’économie locale, réduit les importations et améliore la balance commerciale de l’Algérie.
La filière de la tomate industrielle connaît un essor remarquable en Algérie, avec un leadership incontesté de la commune de Ben Azzouz, souvent surnommée « l’Eldorado rouge ». À elle seule, cette localité assure plus de 45 % de la production nationale, confirmant son rôle central dans une filière devenue stratégique pour l’économie agricole du pays. Ce dynamisme ne se limite pas à Ben Azzouz. Il s’étend progressivement à d’autres zones agricoles de la région, notamment Azzaba et Mjez Dchiche, où de nombreux agriculteurs ont investi dans cette culture à forte valeur ajoutée. En quelques décennies, les superficies consacrées à la tomate industrielle sont passées d’environ 1 000 hectares au début des années 1990 à plus de 7 000 hectares aujourd’hui, illustrant une transformation structurelle profonde de la filière.
Cette progression est le fruit d’une montée en puissance des compétences agricoles et industrielles. Les producteurs, tout comme les unités de transformation, ont gagné en expertise, permettant une meilleure qualité de production et une valorisation accrue du produit fini, destiné aussi bien au marché local qu’à l’industrie agroalimentaire.
Sur le plan économique, la filière joue un rôle clé dans la réduction de la facture des importations. En 2024, la production nationale a dépassé les prévisions, générant un excédent important qui a ouvert la voie à l’exportation. Une décision récente a d’ailleurs autorisé l’exportation de 30 000 tonnes de produits transformés, confirmant la capacité du secteur à générer des devises et à réduire la dépendance au concentré de tomate importé.
Les perspectives pour la campagne en cours demeurent ambitieuses, avec un objectif fixé à 6,65 millions de quintaux et un rendement moyen estimé à près de 1 000 quintaux à l’hectare. Ces performances reposent en grande partie sur l’amélioration des techniques agricoles et sur la modernisation des infrastructures d’irrigation. Dans ce cadre, la mise en exploitation du barrage de Zit Emba et du périmètre irrigué associé, couvrant plus de 3 500 hectares, constitue un levier majeur pour sécuriser la production. Ce dispositif hydraulique profite à plusieurs communes agricoles stratégiques et garantit une meilleure stabilité des rendements face au stress hydrique.
Parallèlement, les efforts de l’État en matière de soutien à la filière se sont intensifiés. Les subventions aux intrants agricoles, notamment les engrais, l’accompagnement technique, la formation des agriculteurs et la généralisation de l’irrigation goutte-à-goutte ont contribué à améliorer la productivité et la qualité des récoltes. L’introduction des plants en mottes, plus résistants et à reprise rapide, a également permis d’optimiser les cycles de production et de réduire les pertes au démarrage des cultures. Ces innovations renforcent la compétitivité de la filière et encouragent l’émergence de nouvelles exploitations modernes.
Au-delà de sa dimension agricole, la tomate industrielle s’impose aujourd’hui comme un véritable moteur de développement local et national, générant des emplois, stimulant les investissements et contribuant de manière significative à la sécurité alimentaire du pays.
Sofia Chahine

