Les agents de contrôle du commerce déployés sur le terrain : Les marchés quadrillés face à la flambée des prix
Les services de contrôle du commerce ont multiplié les descentes sur le terrain à travers le pays pour surveiller les prix des fruits et légumes. Le ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national l’a annoncé dimanche dans un communiqué : ses agents sont à pied d’œuvre. Depuis plusieurs jours, les directions du Commerce déploient leurs équipes de contrôle dans les wilayas pour ausculter les marchés de gros comme de détail. L’objectif affiché est double : surveiller l’évolution des prix et vérifier que les pratiques commerciales respectent la législation en vigueur. Selon le texte officiel, ces sorties visent aussi «le contrôle de l’approvisionnement des marchés en différents produits agricoles, et la lutte contre toute pratique susceptible de perturber l’équilibre du marché ou d’affecter le pouvoir d’achat des citoyens». Les agents travaillent, précise le ministère, «en coordination avec les différents intervenants de la chaîne de distribution» pour «renforcer la transparence de l’affichage des prix». Cette mobilisation intervient dans un contexte de tension visible sur les prix de certains légumes, perceptible aussi bien dans les marchés que sur les réseaux sociaux. L’UGCAA a pris les devants samedi avec son propre communiqué, cherchant à recadrer le débat. L’organisation reconnaît les hausses enregistrées sur la tomate, la carotte et l’ail, mais les qualifie de «conjoncturelles et saisonnières, liées à des facteurs climatiques, aux cycles de production et à une offre insuffisante par rapport à la demande» — des fluctuations que connaissent, selon elle, «les différents marchés internationaux». L’Union va plus loin et convoque la géopolitique pour contextualiser ces tensions, évoquant «les développements géopolitiques que connaît le monde, notamment au Moyen-Orient, et leurs répercussions directes et indirectes sur les chaînes d’approvisionnement». Sur le fond, l’UGCAA se veut rassurante. Elle assure que «la situation d’approvisionnement et des prix sur le marché national demeure, dans l’ensemble, normale et stable», et que la grande majorité des produits de consommation courante reste disponible «à des prix raisonnables». Le retour à la normale est présenté comme imminent : l’amélioration des conditions climatiques et l’arrivée de nouvelles récoltes dans «les prochains jours» devraient, prédit l’Union, «améliorer l’approvisionnement, rétablir l’équilibre et même entraîner une baisse progressive des prix».
Le communiqué de l’UGCAA se clôt sur un avertissement aux professionnels comme aux consommateurs, appelant «à ne pas céder aux rumeurs et aux informations erronées véhiculées par certaines pages malveillantes, qui tentent de perturber la stabilité du marché et d’inciter à des comportements injustifiés ne servant pas l’intérêt général». L’organisation dit travailler «de manière coordonnée avec les autorités publiques, notamment le ministère du Commerce», pour garantir la disponibilité des produits.
Samir Benisid

