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Liban : Bruxelles hausse le ton

La condamnation de l’entité sioniste gagne du terrain en Europe. Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a déclaré mardi que les agissements de l’entité sioniste au Liban sont « totalement inacceptables », appelant l’Union européenne à suspendre, au moins partiellement, son accord de partenariat avec Tel-Aviv. Ces déclarations sont intervenues à quelques heures de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Luxembourg, mue en tribune de l’indignation européenne face aux crimes sionistes.

Prévot a reconnu que la suspension complète de l’accord se heurterait aux divergences persistantes entre États membres, mais a réaffirmé la position de Bruxelles en faveur d’une suspension partielle a minima. Il rejoignait ainsi l’Espagne, la Slovénie et l’Irlande, qui avaient adressé conjointement une lettre à la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas pour exiger l’examen d’une telle mesure. Le ministre espagnol José Manuel Albares avait lui aussi, en amont du sommet de Luxembourg, publiquement porté cette demande. Des organisations humanitaires et des syndicats européens ont salué ces initiatives, les qualifiant de premier pas vers une pression accrue visant à restreindre le commerce avec les colonies et à mettre fin aux exportations d’armes vers l’entité sioniste. Sur le terrain, la réalité libanaise donne toute la mesure de l’urgence. Depuis le 2 mars, l’agression sioniste contre le Liban a fait 2 387 martyrs et 7 602 blessés. Un cessez-le-feu de dix jours, annoncé par la présidence libanaise, a permis aux secouristes de retrouver de nouveaux corps sous les décombres de régions soumises à d’intenses bombardements, confirmant l’ampleur des destructions. Ce bilan provisoire est appelé à s’alourdir. Dans ce contexte de violence systématique, la Force intérimaire des Nations unies au Liban — la FINUL — tire la sonnette d’alarme sur le sort des journalistes. Sa porte-parole, Kandice Ardiel, a rencontré mardi le ministre libanais de l’Information, Paul Morcos, pour évoquer des mesures de protection renforcée pour les reporters opérant dans le sud du pays. Le ministre a rappelé que huit journalistes libanais sont tombés en martyrs depuis le mois de mars, victimes de frappes sionistes délibérées. Ardiel a souligné que la FINUL peut, à la demande des intéressés, notifier les déplacements prévus des journalistes pour renforcer leur visibilité auprès des forces en présence — sans pour autant garantir leur sécurité. Son message aux correspondants de guerre résume à lui seul l’état de déliquescence du droit international dans la région : « Votre travail est important, prenez soin de votre sécurité. » Cibler des journalistes, marteler des zones civiles, ignorer les cessez-le-feu : l’entité sioniste poursuit méthodiquement une stratégie d’impunité que l’Europe, jusqu’ici, a trop longtemps cautionnée.

L.S.

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