Économie

Rapport trimestriel de l’Opaep : L’hydrogène s’impose comme vecteur d’avenir, l’Algérie joue ses cartes

Le premier trimestre 2026 consacre la montée en puissance de l’hydrogène comme vecteur énergétique d’avenir, tandis que sur le marché du GNL, l’Algérie confirme sa position de fournisseur incontournable pour l’Europe. C’est ce que révèle le rapport trimestriel de l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OPAEP). Les exportations mondiales de GNL ont progressé de 3,8 % sur un an pour atteindre 112,2 millions de tonnes au premier trimestre 2026, portées par l’offensive américaine et la montée en puissance de nouveaux terminaux. Dans ce contexte de redistribution des cartes, l’Algérie tire son épingle du jeu avec une remarquable constance. Ses exportations de GNL se sont établies à 2 millions de tonnes sur la période, en légère baisse de 7,3 % — un recul limité au regard de l’effondrement de 33 % enregistré par le Qatar, contraint de suspendre ses opérations sur le site de Ras Laffan. Surtout, c’est sur le gaz par gazoduc qu’Alger frappe le plus fort : le rapport de l’OPAEP souligne qu’« avec ces niveaux, l’Algérie a consolidé sa position de deuxième plus grand exportateur de gaz par gazoduc vers les pays de l’Union européenne, surpassant en volume cumulé la Russie, l’Azerbaïdjan et la Libye réunis », avec 8,27 milliards de mètres cubes acheminés vers l’Espagne et l’Italie sur le trimestre, en hausse de 2,6 % sur un an. Une performance d’autant plus significative que les stocks gaziers européens ont atteint leur niveau le plus bas depuis 2022, à seulement 27,67 % de leur capacité fin mars, contraignant le Vieux Continent à sécuriser ses approvisionnements en urgence.

L’hydrogène, le grand pari

C’est sur le front de l’hydrogène que les enjeux de long terme se cristallisent. Soixante-cinq pays ont désormais adopté des stratégies nationales, représentant 85 % du PIB mondial. La capacité de production installée d’hydrogène bas carbone a atteint 2,67 millions de tonnes par an en 2025, contre 2 millions de tonnes en 2024, soit une progression de 33 %. L’hydrogène bleu, issu du gaz naturel avec captage du carbone, domine largement avec 2,2 millions de tonnes annuelles, tandis que l’hydrogène vert ne représente encore que 0,47 million de tonnes. Les projections sont ambitieuses : les décisions finales d’investissement actées portent une capacité cumulée de 5,5 millions de tonnes par an, avec une perspective de 8,1 millions de tonnes à l’horizon 2030. Le rapport note toutefois avec prudence que « l’industrie de l’hydrogène en est encore à ses premières phases de développement, et des années de travail sont nécessaires avant que des marchés mondiaux stables émergent ». Dans le monde arabe, dix nations ont formalisé des objectifs de production — dont l’Algérie, aux côtés des Émirats arabes unis, de l’Arabie saoudite, de l’Égypte et d’Oman. L’OPAEP recense pas moins de 133 projets dans la région à diverses étapes de développement, soit quatre fois plus qu’en 2021. La production agrégée arabe d’hydrogène bas carbone pourrait atteindre 8 millions de tonnes par an en 2030, et dépasser 27 millions de tonnes en 2040. Pour l’Algérie, dont le premier objectif de production est fixé à l’horizon 2040, la fenêtre d’opportunité est réelle : ses ressources solaires considérables et ses infrastructures gazières existantes constituent des atouts naturels pour produire et exporter de l’hydrogène vert et bleu vers l’Europe, via les gazoducs qui la relient déjà à l’Espagne et à l’Italie. Une transition dans la continuité, en somme, qui fait d’Alger un acteur potentiellement décisif dans la recomposition énergétique du bassin méditerranéen.

Sabrina Aziouez

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