Culture

Festival du film méditerranéen d’Annaba : Le patrimoine vestimentaire algérien comme invité de marque

Le hall du Palais de la culture Mohamed-Boudiaf d’Annaba s’est transformé, mardi, en écrin du patrimoine national. À l’occasion du 6e Festival du film méditerranéen, plus de trente associations venues de différentes régions du pays ont investi l’espace pour y déployer une exposition d’habits traditionnels algériens d’une rare richesse, offrant aux cinéastes et critiques étrangers présents au festival un premier contact inattendu avec la profondeur des savoir-faire vestimentaires algériens. L’initiative revient à la Direction de la culture et des arts de la wilaya, qui a voulu faire de ce rendez-vous cinématographique international autre chose qu’une simple vitrine du septième art. Saliha Berkouk, directrice de la culture et des arts, a présenté l’exposition comme l’expression d’une « vision stratégique du secteur de la culture et des arts qui entend tirer parti des manifestations culturelles internationales pour promouvoir le patrimoine de l’Algérie, en général, et la wilaya d’Annaba en particulier ». Elle a insisté sur sa dimension symbolique : l’exposition « constitue un événement culturel visant à marquer la présence de l’identité nationale dans les espaces internationaux », et la mobilisation de tant d’associations à l’échelle nationale « révèle une prise de conscience collective de l’importance de protéger le patrimoine culturel et de le transmettre aux générations futures. » Au cœur de l’exposition, une pièce concentre l’attention de tous les visiteurs : une robe de style annabi brodée de fils d’or selon la technique de la fetla. Ahmed Hamel, directeur du Palais de la culture, a souligné que l’exposition « met particulièrement en avant les spécificités locales de la ville d’Annaba en ornant le hall d’une somptueuse robe de style annabi, agrémentée de fetla, devenue la pièce maîtresse de l’exposition. » Les délégations étrangères présentes au festival ne s’y sont pas trompées. Cinéastes et critiques venus de l’autre rive de la Méditerranée se sont arrêtés devant cette robe de cérémonie, dont la broderie minutieuse a suscité, selon les organisateurs, une admiration unanime. Plusieurs d’entre eux se sont dits « subjugués » par la beauté de cette pièce patrimoniale.

Autour d’elle, les stands dressés par les associations participantes composent une véritable cartographie textile de l’Algérie. La gandoura d’Annaba côtoie la djeba kabyle, la melhfa saharienne et les costumes des Aurès, formant un ensemble qui dit, mieux que bien des discours, la diversité des cultures qui constituent l’identité nationale. Les familles d’Annaba ont été nombreuses à se presser dans le hall dès les premières heures, rejointes par les délégations du festival, qui ont salué la qualité de l’organisation et la beauté de chaque stand. Les représentants des associations ont, de leur côté, mis en avant ce que cette visibilité inédite représente pour eux. Inclure les métiers d’art dans un grand festival de cinéma, ont-ils souligné, « ouvre de nouvelles perspectives pour la promotion du tourisme » en donnant à ces savoir-faire une audience qu’ils n’atteignent pas toujours dans leurs circuits habituels. C’est aussi, pour des associations qui travaillent souvent dans une relative discrétion, l’occasion de toucher un public large et diversifié, et de faire connaître des productions qui demandent des années d’apprentissage et de transmission.

L’exposition ne se limitera pas à la contemplation. Tout au long du festival, des ateliers ouverts au public permettront de suivre les différentes étapes de confection des habits traditionnels, de comprendre la logique d’un point de broderie, la sélection d’un fil, l’assemblage d’une pièce. Ce volet pédagogique est peut-être le plus important : il transforme une exposition en acte de transmission vivante, rappelant que le patrimoine vestimentaire algérien n’est pas un objet de musée mais une pratique que des mains continuent d’exercer et d’enseigner.

Mohand S.

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