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Soudan : 5 millions d’enfants souffrent de privations extrêmes au Darfour

Environ cinq millions d’enfants au Darfour, dans l’ouest du Soudan, se trouvent dans une situation de privations extrêmes, selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) qui vient de lancer une alerte rouge. Au Soudan, 20 ans après le conflit au Darfour qui jetait près de 2 millions de personnes sur les routes, l’histoire se répète et s’aggrave : « rien que dans cette région de l’ouest du pays, 5 millions d’enfants se trouvent aujourd’hui dans une situation de privations extrêmes », affirme l’Unicef. L’agence onusienne estime que le conflit qui sévit à nouveau depuis trois ans dans le pays « dans l’indifférence générale s’y révèle encore plus dramatique, notamment pour les enfants ». Ainsi, dans certaines parties du Darfour, « plus de la moitié des enfants sont désormais victimes de malnutrition aigüe, quand il ne s’agit pas, tout simplement, de famine comme c’est le cas à El-Fasher, où plus de 1.300 enfants ont par ailleurs été tués ou mutilés en un peu plus de deux ans ». « Face à cette situation où la violence, la faim et les déplacements forcés qui s’entremêlent devraient susciter l’indignation de la communauté internationale, force est pourtant de constater qu’il n’en est rien », déplore Sheldon Yett, le représentant de l’Unicef au Soudan, depuis Port Soudan. « Alors que la crise est bien plus grave et la situation bien plus complexe. Le silence du monde est tout simplement assourdissant », a-t-il dénoncé. Et le pire, c’est que les humanitaires sont, cette fois, eux-aussi pris pour cible. « Les convois d’aide, les hôpitaux, les marchés, les écoles : aucun endroit n’est sûr au Soudan », a déploré le représentant de l’Unicef qui n’a reçu pour le moment que 16% des fonds qu’elle réclame pour ses opérations au Soudan en 2026.

Sur un autre volet, le Bureau du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme au Soudan a appelé à la nécessité de protéger les journalistes qui accomplissent leur devoir professionnel et défendent la vérité, dans un contexte de poursuite du conflit dans plusieurs régions du pays. Dans une publication sur ses comptes officiels sur les réseaux sociaux, dimanche soir, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le bureau onusien a souligné que « les journalistes au Soudan sont confrontés au déplacement, à l’arrestation et à la mort, mais continuent néanmoins à relayer la vérité ». Il a indiqué, à cet égard, que la persistance de ces violations « réduit de nombreuses voix au silence et limite l’accès à l’information », appelant à « protéger les journalistes et à défendre la vérité et la liberté des médias ». Depuis avril 2023, le Soudan est le théâtre d’un conflit armé opposant l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (FSR), ayant fait des milliers de morts et provoqué le déplacement de millions de personnes.

R.I. avec APS

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